33 gendarmes, mobilisés lors de la manifestation interdite contre la mégabassine de Sainte-Soline, le 25 mars 2023, ont été sanctionnés pour des « propos inadaptés » , annonce le ministère de l’Intérieur à Libération et Mediapart ce vendredi 29 mai.
Les deux médias avaient révélé, en novembre 2025, quantité d’images montrant des gendarmes qualifier les manifestants de « pue-la-pisse », d’ « enculés », de « chiens ». Les militaires y évoquaient également un « vrai kif » dans le fait de blesser des manifestants, se vantent d’en avoir touché « en pleine tête » ou « dans les couilles », et affirmant avoir « signé pour ça » . En plus de cela, l’enquête de nos confrères révélait plusieurs manœuvres interdites de la part des forces de l’ordre, au cours de violente répression de la mobilisation écologiste.
Une enquête administrative a été lancée après les révélations de Libé et Mediapart . Dans le cadre de celle-ci, « 40 militaires de la gendarmerie ont pu être identifiés, indique le ministère de l’Intérieur. Après investigations, 33 d’entre eux ont fait l’objet d’un traitement disciplinaire, jusqu’à des jours d’arrêt », informe le ministère de l’Intérieur.
Libération note qu’il s’agit de la sanction la plus faible qui puisse être donnée. De son côté Mediapart explique qu’avec ce type de sanction, l’agent concerné est privé de sortie après sa journée de travail.
Dans les images diffusées par les deux médias, il était possible de voir des tirs tendus de grenades lacrymogènes et explosives, ainsi que la hiérarchie passer des ordres de réaliser de tels tirs. Or sur ce point, le ministère a décidé de s’en remettre à la justice , procédure qui pourrait n’intervenir que dans plusieurs années.
« Les faits de tirs et d’ordres de tirs potentiellement non conformes relevés dans le cadre de l’enquête administrative conduite seront appréciés en fonction des conclusions de l’information judiciaire ouverte pour violences volontaires par dépositaire de l’autorité publique » , a fait savoir la place Beauvau.
Libération note que cette absence de mesures disciplinaires est contraire aux règles en vigueur au sein de la fonction publique. L’administration a normalement un devoir de réaction indépendant d’éventuelles poursuites judiciaires. Après la révélation des images, Laurent Nunez avait refusé de qualifier les faits de « violences policières », plaidant pour une légitime défense. Ce que la justice aura donc le loisir d’apprécier.
