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justicevia Actu-Juridique··3 min de lecture

Deux ans de prison requis contre Emmanuel Pierrat : « Le harcèlement moral est un mal insidieux »

Personnalités citées :Emmanuel PierratSophie Viaris de Lesegno
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Le contexte

Emmanuel Pierrat est un homme politique français accusé de harcèlement moral. Le procès a lieu après plusieurs années de témoignages de victimes, et les réquisitions du ministère public sont attendues pour déterminer les sanctions à son encontre. Ce cas soulève des questions sur le harcèlement au travail et la responsabilité des dirigeants.

Ce qu'il faut retenir

Le procureur a requis deux ans de prison avec sursis contre Emmanuel Pierrat pour harcèlement moral, ainsi qu'une interdiction d'exercer pendant deux ans. Pour Sophie Viaris de Lesegno, complice présumée, six mois de prison avec sursis ont été demandés. Le tribunal a entendu des témoignages de nombreuses victimes, soulignant la gravité des faits. La défense de Pierrat a critiqué la pression médiatique et a tenté de nuancer son image.

Ce que ça change

La décision du tribunal, attendue le 9 septembre, pourrait avoir des répercussions sur la perception du harcèlement moral dans le milieu politique et professionnel en France. Elle pourrait également influencer les discussions sur la responsabilité des dirigeants face à des comportements abusifs.

L'article complet

Source originale sur actu-juridique.fr

Le ministre public a requis deux ans de prison assortis d’un sursis probatoire, contre Emmanuel Pierrat, ainsi que la peine complémentaire d’interdiction d’exercer pendant deux ans. Contre Sophie Viaris de Lesegno, 6 mois de prison avec sursis ont été demandés. Le délibéré sera rendu le 9 septembre.

Après avoir entendu les plaidoiries des huit avocats de parties civiles, dans le prolongement des questions posées tout au long des débats, le tribunal a découvert la voix – éraillée – du procureur qui, vendredi à 11 h 11, s’est levé pour prendre ses réquisitions : « Le harcèlement moral est un mal insidieux qui prend différentes formes », déclare-t-il en entame.

Il décrit trois types de harcèlement : institutionnel, managérial et individuel, ce dernier étant « pratiqué dans un but purement gratuit de destruction d’autrui et de valorisation de son propre pouvoir ». Le harcèlement moral exercé par Emmanuel Pierrat est un mélange des deux derniers.

Si ces faits de harcèlement moral, pour le représentant du ministère public, se situent tout en haut du spectre du harcèlement moral, c’est par le nombre de témoins (une quarantaine) ayant rapporté des situations de harcèlement, et la durée de ce harcèlement, six ans et demi si on se réfère à la période de prévention. « Les collaborateurs se sont succédé, mais les agissements n’ont jamais cessé, y compris durant la période de confinement », détaille-t-il.

Il évoque le « harcèlement public » et cette fameuse liste, outil de domination et d’aliénation, selon la formule d’un plaignant. « La liste c’est le panoptique de Bentham : un instrument de surveillance. »

« Sa reconnaissance des faits, bien que tardive, est à souligner – en espérant qu’elle soit véritablement sincère », souligne-t-il, mais les faits sont d’autant plus graves qu’ils ont été commis sur des personnes vulnérables. Ils ont persisté alors même que Monsieur Pierrat avait été alerté sur leur caractère maltraitant. »

À l’encontre d’Emmanuel Pierrat, il requiert deux ans de prison avec sursis probatoire (obligation de soins et d’indemniser les victimes), 20 000 euros d’amende, une peine d’interdiction d’exercer deux ans, une inéligibilité de cinq ans. Avec exécution provisoire.

Pour ce qui est de Sophie Viaris de Lesegno, l’ex-associée poursuivie pour complicité : « Certes, elle a été victime d’actes d’humiliation de M. Pierrat, mais elle a aussi déclaré avoir conscience que le management de M. Pierrat était toxique. » Il cite le dossier : « Pierrat était le moteur, Viaris était le carburant » ; « Viaris est plus que sa complice, c’est son bras armé. »

Il demande six mois de prison avec sursis mais, compte tenu de sa situation personnelle (elle est seule avec un enfant à charge), pas d’interdiction d’exercer.

En défense de cette dernière, Me Didier Leick a nié que sa cliente eut toute intention formelle de s’associer au harcèlement de son associé, rappelant que si elle avait eu connaissance de ces agissements, dont elle était elle-même victime, elle n’était pas en capacité de s’opposer à un homme puissant. « Le seul fait de ne pas être intervenue n’est pas suffisant pour caractériser la complicité », a-t-il plaidé.

Me Caroline Toby, en défense d’Emmanuel Pierrat, a décoché une petite flèche : « Si Sophie Viaris est restée 25 ans, n’est-ce pas qu’elle y a trouvé son compte ? » Elle entendait par là qu’Emmanuel Pierrat n’était pas le monstre dépeint par les parties civiles, en tout cas, qu’il n’était pas que ça.

Dos au mur, l’avocate a chargé les médias : « La presse aujourd’hui a cette pulsion de déboulonnage à l’égard de ceux qui à un moment donné ont trop voulu briller, ont agacé par leur parcours de comète. » Les parties civiles : « Ils ont donné du personnage Pierrat une version entièrement monolithique, et dès lors outrancière, et dès lors une pression extraordinaire s‘exerce aujourd’hui », dénonce-t-elle. Elle déplore l’impasse dans laquelle se trouve son client : « S’il parle de lui, il est narcissique, s’il ne parle pas de lui, il fuit, s’il tweete ou qu’il porte une minerve, c’est qu’il n’est pas sincère. » « Quoi que vous disiez, cela n’ira pas, car ce procès n’a d’autre sens que de vous descendre en flamme, et de vous empêcher d’exister, parce que vous êtes impardonnable, inexcusable », s’est-elle exclamée.

Puis, elle s’est efforcée de démontrer que, «Pierrat, ce n’est pas que négatif, qu’il a pu être quelqu’un d’attachant ». « Les hurlements n’étaient pas le seul visage d’Emmanuel Pierrat », a-t-elle plaidé.

La décision sera rendue le 9 septembre.

Texte extrait depuis l'article original sur actu-juridique.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur actu-juridique.fr.

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