"Qu'il écoute ce qu'il dit." Invité politique de BFMTV ce dimanche 7 juin, Dominique de Villepin est revenu sur les propos de Jordan Bardella au surlendemain de la victoire du PSG en finale de Ligue des Champions , qui a notamment été suivie de débordements dans plusieurs villes de France.
Le 1er juin, sur BFMTV, le président du Rassemblement national a fait "un lien" entre ces débordements et l'immigration , citant notamment "des populations qui sont arrivées dans notre pays et dont beaucoup sont physiquement en France, mais dont l'âme et le cœur sont ailleurs, et qui ne ratent jamais une occasion d'exprimer leur (...) haine de la France". Il ajoutait: "nous sommes en train de perdre la main sur notre propre territoire, qui se tribalise".
Des propos pour lesquels Dominique de Villepin exige des excuses. "Quelle est la responsabilité de la République? C'est de juger des actes, des individus. Pas de juger des 'populations', des origines", dénonce le président du mouvement La France humaniste , estimant que derrière ces propos, Jordan Bardella pourrait aussi juger des "couleurs de peau" et des "religions".
Il dénonce des "amalgames" dont souffrent les Français issus de l'immigration, que ce soit de la "2e, 3e ou 4e génération". "Moi, je n'accepte pas cette injustice qui est faite à tant de nos compatriotes", déclare Dominique de Villepin, qui invite Jordan Bardella à "prendre la mesure de ce qu'il dit (...) et de constater que cela fait le jeu de la division de la société française".
D'autant que "les faits ne sont pas là", martèle l'ancien Premier ministre, qui rappelle les chiffres donnés par le Premier ministre - 98% d'hommes, un tiers de mineurs, 85% de Français et une minorité de récidivistes. "On ne peut pas, là encore, trouver des boucs émissaires", quand bien même "toute la classe politique" tenterait de le faire, comme Édouard Philippe et Bruno Retailleau, dénonce-t-il.
Ce dernier avait notamment "fai[t] le lien entre les désordres migratoires, ceux qui ne veulent pas s'assimiler ou s'intégrer, et les désordres sécuritaires" sur Europe 1.
Pendant la campagne électorale de la présidentielle 2027, Dominique de Villepin dit viser "le rassemblement des Français". S'il ne s'est pas officiellement déclaré candidat à l'élection, il assure qu'il débattra "le moment venu" avec les candidats à l'élection.
