Votée il y a plus d’un an à l’Assemblée, la proposition de loi visant à lutter contre les déserts médicaux arrive enfin au Sénat, bien que dévitalisée. D’autres textes adoptés et du même type sont en souffrance malgré l’urgence, comme celui s’attaquant à la mortalité infantile.
Il a fallu beaucoup de temps et bien des efforts pour que ce texte soit enfin inscrit à l’agenda du Sénat. Adoptée le 7 mai 2025 par l’Assemblée nationale, la proposition de loi du député socialiste de la Mayenne, Guillaume Garot, doit être examinée jeudi 11 juin par la chambre haute. Soit un an et un mois après le vote. Entre-temps, le parlementaire à l’origine de cette initiative, qui entend réguler l’installation de médecins pour la répartir équitablement selon les besoins, n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour obtenir rapidement ce fameux sésame. En vain.
En septembre dernier, par exemple, le voilà qui réunit une vingtaine de parlementaires de différentes obédiences pour une journée « historique ». Le but : adresser un appel au premier ministre, Sébastien Lecornu, pour qu’il permette un débat au Sénat autour de ce texte travaillé pendant plus de trois ans de façon transpartisane. « Il n’est pas question de contraindre les médecins à aller s’installer ici ou là. Nous disons simplement qu’il ne faut plus autoriser l’installation dans des zones où il y a déjà suffisamment de médecins, justifie-t-il alors, répondant aux vives inquiétudes de certaines organisations de médecins généralistes. Il faut montrer qu’il est possible d’avancer dans notre pays, dans le contexte politique actuel, et qu’il est possible d’être efficace pour répondre aux besoins des...
Déserts médicaux, fermeture des maternités… Comment lobbies et macronistes font dérailler les textes malgré l’urgence
