Le décès de la jeune Lyhanna, dont le corps a été retrouvé après plusieurs jours de disparition, suscite une vive indignation et des appels à une refonte profonde du système judiciaire
Plusieurs candidats à l’Élysée, potentiels ou déclarés, ont appelé jeudi à revoir le fonctionnement de la justice et à mieux prendre en compte la parole des enfants, après l’enlèvement dans le Gers de la jeune Lyhanna, dont le corps a probablement été découvert en fin de journée.
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a accusé l’État d’avoir « lourdement failli » avant l’enlèvement de cette enfant de 11 ans, et affirmé que « le peuple français exige des comptes ». « Toute la France est révoltée par l’inaction des pouvoirs publics, alors que le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà été visé par plusieurs plaintes et signalements, jusqu’à être incriminé à de nombreuses reprises », a-t-il écrit sur le réseau X. « Ce drame terrible aurait pu, aurait dû être évité, si l’institution judiciaire n’avait pas connu de tels dysfonctionnements », a déploré Jordan Bardella, potentiel candidat à l’élection présidentielle et favori des sondages.
Le corps de l’enfant, disparue depuis le 29 mai, a probablement été retrouvé jeudi soir. L’homme suspecté de l’avoir enlevée avait fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements depuis 2017, notamment pour viol sur mineur.
Devant ce qui s’apparente à des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reporté un déplacement qu’il devait effectuer vendredi et a annoncé qu’il réunirait les ministres de l’Intérieur et de la Justice. « Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement qui est révélateur, je crois, de notre mauvaise organisation », a déclaré le garde des Sceaux Gérald Darmanin.
« Notre système judiciaire est une faillite, il faut le réformer en profondeur. Une société qui n’est même plus capable de protéger ses enfants est une société dont les membres finiront par se dresser les uns contre les autres », a accusé le président des Républicains (LR) et candidat pour 2027 Bruno Retailleau.
La question de la prise en compte des témoignages d’enfants est posée par plusieurs dirigeants politiques. « Les premiers éléments connus posent une question terrible : quand la parole d’un enfant est recueillie ou signalée, pourquoi toute la chaîne de l’État ne se met-elle pas immédiatement en alerte ? », a questionné Édouard Philippe, le prétendant du parti Horizons (centre-droit). « Il faut créer un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants », avec une « accélération des procédures » et des « responsabilités clairement établies en cas de défaillance ».
À gauche, la patronne des Écologistes Marine Tondelier, également candidate à l’Élysée, a de son côté dénoncé une affaire « symbole d’un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles ». « Par manque de moyens, mais pas seulement », a-t-elle ajouté, estimant « qu’on a laissé un pédocriminel en toute liberté, malgré les alertes ».
Toujours à gauche, la cheffe des députés LFI Mathilde Panot, proche du candidat Jean-Luc Mélenchon, a fustigé le « résultat de la domination patriarcale systémique, d’années de sous-financement de la justice, de mépris de la parole des enfants ». « C’est le résultat surtout du refus politique de prioriser la lutte contre les violences faites aux enfants et aux femmes », a-t-elle ajouté.
