Ce jeudi soir, l’ancien Premier ministre a tenu une réunion publique devant 200 personnes venant de différents horizons
C ’est une prise de température qui ne peut être négligée. Alors que le mercure a dépassé les 35 degrés à La Rochelle, cela n’a pas empêché, ce jeudi soir, près de 200 personnes d’écouter Dominique de Villepin au Bio pôle de Léa à Périgny, à quelques kilomètres du Vieux-Port. Si l’ancien Premier ministre n’a toujours pas déclaré sa candidature à la présidentielle, il continue de se projeter vers 2027. Et celui qui assure...
C ’est une prise de température qui ne peut être négligée. Alors que le mercure a dépassé les 35 degrés à La Rochelle, cela n’a pas empêché, ce jeudi soir, près de 200 personnes d’écouter Dominique de Villepin au Bio pôle de Léa à Périgny, à quelques kilomètres du Vieux-Port. Si l’ancien Premier ministre n’a toujours pas déclaré sa candidature à la présidentielle, il continue de se projeter vers 2027. Et celui qui assure vouloir se « lever tous les matins pour la France » rassemble déjà un public divers. Entre partisans et soutiens, les horizons sont étendus.
Jacky, 75 ans, Françoise, 73 ans et Aimée, 80 ans, habitent La Rochelle. Tous les trois votent à gauche. Mais ils ne tarissent pas d’éloge sur Dominique de Villepin. « Il est cultivé, humaniste et indépendant », souligne Jacky, qui a déjà voté « écolo. » « Il a une stature, poursuit Françoise, on pourrait voter pour lui. » « Ça nous plairait qu’il soit candidat, ajoute Aimée. Il a un côté rassurant, il connaît son sujet, il ne distribue pas de petites phrases assassines. Il peut rassembler. » Le discours de l’ancien locataire du quai d’Orsay l’a suffisamment intéressé pour qu’elle se décide à vivre, ce jeudi soir, sa toute première réunion politique : « Quand j’ai su qu’il venait, j’ai voulu l’écouter. »
Véronique, 64 ans, elle, est membre du Parti socialiste. « Moi aussi, je suis venue l’écouter, il y a des zones d’ombre, je lui ai envoyé mes questions sur Facebook. Je voulais me faire une idée. » Pourrait-elle voter pour lui ? « Il faudra faire barrage à l’extrême droite », répond-elle. À côté d’elle, Jean-Yves est communiste. « Je fais le grand écart, sourit-il. Mais je suis d’accord avec lui, il faut revenir vers le peuple, discuter avec les organisations syndicales, mettre en place des conventions citoyennes. »
À quelques sièges de là, Pearce, Thibault, Ana et Faustine sont lycéens en terminale à La Rochelle. « Nous sommes venus par curiosité, on l’a étudié en cours, on voulait l’écouter », résument-ils. « On ne vient pas par adhésion, mais par curiosité, ajoute Ana, parce que nous allons aussi voter pour la première fois à la présidentielle. »
En costume cravate, micro en main, sans pupitre, sans note, Dominique de Villepin s’adresse directement à son auditoire, livrant un discours enlevé sur son sujet de prédilection : « le destin français » ; citant de Gaulle et Montaigne ; alertant sur « la vulnérabilité » et « la dégringolade » qui s’installent, « la souveraineté » qui s’échappe ; éreintant aussi le mirage de « la start-up nation ». En conclusion, Dominique de Villepin s’amuse et fait ce vœu : « Que demain nous soyons capables de partager sangliers, poulardes, entremets, poissons et farandoles de dessert, voilà l’avenir français. »
Deux heures plus tôt, Olivier Falorni, le maire de la Rochelle, le recevait dans son bureau. « Je lui ai présenté les Rochelais qui ont dit non », raconte-t-il. Il lui a raconté Jean Guiton, le maire durant le siège de la ville, qui a refusé de céder à Louis XIII et à Richelieu. Il lui a aussi parlé de Léonce Vieljeux qui a refusé que le drapeau nazi soit accroché à l’hôtel de ville. Dominique de Villepin n’en a pas perdu une miette. « J’ai reçu ici une leçon d’histoire », dira-t-il devant ses soutiens, retenant cette métaphore : « Résister et se rassembler. »
Lors de cet entretien, Olivier Falorni, qui soutient Bernard Cazeneuve pour 2027, n’a pas évoqué l’ambition présidentielle de Dominique de Villepin. Mais il le reconnaît : « On sent la flamme intérieure d’un candidat. »
