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Du périscolaire à la disparition de Lyhanna, la protection de l’enfant va-t-elle enfin s’imposer dans le débat présidentiel ?

Personnalités citées :Gérald DarmaninSarah El HaïryGabriel AttalEdouard PhilippeRaphaël GlucksmannFrançois RuffinDominique de VillepinBruno Retailleau
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Le contexte

La protection de l'enfance est un sujet récurrent en France, particulièrement mis en lumière par des affaires récentes comme celle de Lyhanna. Les failles du système de protection des enfants sont régulièrement dénoncées par des responsables politiques et des associations. Le débat sur ce sujet est devenu plus pressant à l'approche des élections présidentielles de 2027.

Ce qu'il faut retenir

La disparition de Lyhanna a mis en évidence les défaillances du système de protection de l'enfance en France. Des responsables politiques, dont Gérald Darmanin, ont reconnu l'urgence d'agir. L'Assemblée nationale a adopté un texte visant à renforcer le contrôle des intervenants auprès des enfants. Plusieurs candidats à la présidentielle commencent à intégrer la protection de l'enfance dans leur discours, mais les propositions concrètes restent limitées.

Ce que ça change

Le débat sur la protection de l'enfance pourrait devenir un enjeu majeur de la campagne présidentielle de 2027. Les récentes initiatives législatives et les déclarations des candidats montrent une prise de conscience croissante, mais il reste à voir si cela se traduira par des actions concrètes et des réformes significatives.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Pas une semaine ne passe sans que le sujet ne s’impose dans l’actualité. La disparition de Lyhanna , et le profil du suspect, déjà accusé de viols sur mineur à plusieurs reprises, viennent jeter une lumière crue sur les failles de la protection des enfants en France. Elle intervient après l’affaire Bétharram , le scandale du périscolaire à Paris ou au sein de l’ASE et une ribambelle de faits divers plus ou moins retentissants.

Pour les spécialistes du sujet, cet enchaînement dramatique démontre une chose : « Tout le système est défaillant en France », selon les mots de la présidente de l’Unicef, Adeline Hazan, dans son état des lieux publié fin mai. Avant elle, Gérald Darmanin, pourtant ministre de la Justice, avait dressé les mêmes constats devant la commission d’enquête sur l’inceste à l’Assemblée nationale, parlant d’un système « délirant et scandaleux » , au terme d’une série de témoignages là aussi révoltants.

S’ils ne disent pas tout de la réalité, les chiffres parlent également d’eux-mêmes. Le nombre de victimes mineures enregistrées par les forces de l’ordre a bondi de 77 % en dix ans, passant d’environ 150 000 en 2015, à 290 000 en 2025. Sur cette période, la hausse des infractions à caractère sexuelle atteint même 156 %. Un fléau qui finit par s’imposer aux responsables politiques. Au point d’en faire un thème central pour 2027 ?

L’heure est à la prise de conscience (partielle). L’Assemblée nationale a adopté lundi 1er juin, à l’unanimité, un texte né du scandale autour de l’école privée catholique Bétharram. Il prévoit notamment de renforcer le contrôle des intervenants susceptibles d’être au contact des enfants dans les milieux scolaires et périscolaires, et une plus importante régulation des établissements privés.

Au même moment, le gouvernement s’apprête à défendre un texte plus ample qui doit créer une « liste noire » des personnels ayant eu des comportements déplacés avec des mineurs et qui « empêchera toute forme de réemploi au sein de l’école » . Et après ? Si les associations et spécialistes du sujet saluent des « premières étapes » non négligeables, toutes réclament une ambition plus large et plus profonde à l’attention des enfants. Un thème, espèrent-ils, qui doit devenir majeur dans la campagne électorale qui s’ouvre.

« Aucun candidat à la présidentielle n’aura le droit de faire l’impasse sur la protection de l’enfance », estime par exemple la Haut-commissaire dédiée Sarah El Haïry, au micro de France 24 . Pour elle, « au moment où on parle de crise démographique, si on ne prend pas soin des enfants qui sont nés, de ceux qui sont là, je ne vois pas comment on va donner confiance aux futurs parents. » Problème : ce momentum tarde encore.

Parmi les prétendants ou candidats déclarés à la présidentielle, aucun ne met pour l’instant dans le débat son projet global pour améliorer le sort des enfants, de la prévention à l’effectivité de la réponse pénale. Pour l’heure, ceux qui choisissent de s’exprimer sur ces enjeux multiplient surtout les déclarations d’intention ( « une révolution est à faire » , estime Gabriel Attal, « La parole des enfants compte. Écoutons-la. Protégeons-les » , exhorte Edouard Philippe), ou les mesures chocs, sans que l’on ne puisse en mesurer la portée.

Ainsi, Raphaël Glucksmann a expliqué jeudi 4 juin qu’il voulait faire de la « protection des enfants sa priorité absolue. » « On ne peut pas laisser les plus vulnérables de la société à l’abandon, c’est une question profonde qui se pose à nous », a-t-il expliqué sur franceinfo, en réponse à une question sur le cas de Lyhanna, et les failles possibles de l’institution judiciaire. Les propositions tangibles, autres que la nécessité de donner davantage de moyens à la justice, attendront.

Même chose du côté de François Ruffin ou Dominique de Villepin, deux autres personnalités en vue pour 2027 et qui ont fait le choix d’investir le sujet ces dernières heures, à travers les réseaux sociaux. Le premier y promet un « grand plan de prévention et de protection » afin de « réveiller l’état et la société » sur la « sinistre réalité » des « violences sexuelles, en particulier sur les enfants. » Le second, quant à lui, affiche son souhait de « faire de la protection de l’enfance une grande cause nationale. Avec un prérequis, une condition : faire de la parole de l’enfant le signal structurant de toute notre action publique . »

Dans ce contexte, d’autres personnalités avancent des propositions plus concrètes. C’est le cas par exemple de Gérald Darmanin. Concerné ces derniers mois par les enjeux liés à l’enfance, le ministre de la Justice a affirmé qu’il soutiendrait ces prochains mois l’idée de rendre imprescriptible les crimes sexuels commis sur des mineurs.

Plus sensible encore, Bruno Retailleau plaide, lui, pour la castration chimique des pédocriminels, même sans leur accord. « Je vais sans doute choquer, mais il faut traiter le mal à partir de la racine » , a-t-il plaidé sur CNews, après s’être opposé de longs mois durant au cours d’éducation à la sexualité à l’école, pensés pourtant pour sensibiliser les enfants et leur faire prendre conscience de certaines violences. Loin, lui aussi, du projet global attendu par les associations de victimes sur la place de l’enfant dans notre société.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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