La France et l’Allemagne ont enterré lundi leur projet d’avion de combat commun, sur fond de tensions entre Airbus et Dassault. Ce mercredi, la ministre assure que les fonds engagés serviront à développer un avion de chasse français
La France a la capacité de se doter d’un nouvel avion de chasse d’ici 2040, a assuré mercredi 10 juin la ministre des Armées Catherine Vautrin après l’annonce de l’arrêt du projet d’avion de combat franco-allemand , le Scaf.
« La quasi-totalité » des 2,5 milliards d’euros engagés jusqu’à présent pour développer le Scaf « vont nous permettre de continuer à travailler sur un avion de chasse à l’horizon 2040 », a-t-elle déclaré devant les sénateurs, précisant que ces investissements sont composés à « 50 % de développement 100 % souverain et 50 % de développement en partenariat ».
Elle a également évoqué « l’engagement de l’équipe de France industrielle » dans ce projet, avec les sociétés « Dassault, Safran, Thalès et tout l’écosystème » français qui sont « au moment où nous nous parlons, la seule équipe en Europe en capacité de produire un avion de chasse de manière totalement autonome ».
« C’est évidemment un capital technique majeur pour la souveraineté de notre pays », a-t-elle estimé.
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont enterré lundi le Système de combat aérien du futur (Scaf), en panne depuis des mois sur fond de tensions entre les deux constructeurs chargés du projet, Airbus et Dassault.
Lancé en 2017 par Paris et Berlin, rejoints par l’Espagne deux ans plus tard, le Scaf devait devenir l’épine dorsale de la puissance aérienne des Français et des Allemands à partir des années 2040, et remplacer à long terme l’Eurofighter Typhoon en Allemagne et le Rafale de Dassault en France.
Son abandon est un lourd échec pour les Européens, qui veulent renforcer leur coopération dans la défense face à la menace russe et ont dopé leurs investissements militaires depuis le début de la guerre en Ukraine.
Côté allemand, un projet alternatif au Scaf, mené par le groupe européen Airbus et visant à développer un avion de sixième génération avec des industriels allemands, doit être officialisé jeudi à Berlin.
