Face à une situation économique tendue par la guerre au Moyen-Orient et l’inflation, bon nombre d’experts craignent une récession en France, une première depuis 2020 si cela devait se produire
Le président du Medef, Patrick Martin, a dit mardi redouter une « récession » de l’économie française au deuxième trimestre, l’expliquant principalement par des « facteurs exogènes », notamment les hostilités en cours au Moyen-Orient.
« Oui, on craint effectivement une récession » au deuxième trimestre, a déclaré Patrick Martin à l’occasion d’une rencontre avec la presse organisée en amont d’une réunion du B7, une instance réunissant des organisations patronales des pays du G7, dont le Medef assure la présidence cette année.
Cette organisation qui porte la voix des entreprises auprès des dirigeants du G7 doit se réunir la semaine prochaine à Paris, quelques jours avant un sommet du G7 du 15 au 17 juin à Evian-les-Bains, afin notamment de partager des propositions dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques. Les craintes d’une « récession » de l’économie française au deuxième trimestre sont « essentiellement liées à des facteurs exogènes », en raison « au premier chef de la crise moyen-orientale dont on se garde de considérer qu’elle va se régler rapidement », selon Patrick Martin.
Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1 % au premier trimestre par rapport au dernier trimestre de 2025, avait indiqué l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) fin mai, après avoir initialement annoncé une croissance nulle de janvier à mars.
Combinés à la hausse de l’inflation et au repli de la consommation, ces différents chiffres ont ravivé les craintes d’une récession technique pour l’économie française, marquée par deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Patrick Martin a aussi évoqué d’autres « facteurs endogènes », notamment « liés à des options que prend le gouvernement, sous contraintes, j’en suis absolument conscient », qu’elles soient « financières » ou « politiques ».
Une référence au gel du barème des allégements de cotisations patronales annoncé par le gouvernement, qui espère réaliser 2 milliards d’euros d’économies grâce à cette mesure.
Sur ce sujet, « peut-être que c’est incontournable à court terme » au regard des contraintes budgétaires, a estimé Patrick Martin, mais sans manquer de mettre en garde concernant des « effets négatifs sur la croissance, l’emploi, le pouvoir d’achat » dans la durée.
