R attrapé par la mort de Lyhanna, Gérald Darmanin est désormais sous pression. S’il a déclenché une enquête administrative pour faire la lumière sur ce drame et décider d’éventuelles sanctions, les signalements et plaintes pour des faits de violences sexuelles sur mineures visant Jérôme Barella, le principal suspect aujourd&rsquo...
R attrapé par la mort de Lyhanna, Gérald Darmanin est désormais sous pression. S’il a déclenché une enquête administrative pour faire la lumière sur ce drame et décider d’éventuelles sanctions, les signalements et plaintes pour des faits de violences sexuelles sur mineures visant Jérôme Barella, le principal suspect aujourd’hui en détention provisoire, attestent d’une série de défaillances. À la fois du côté de l’institution judiciaire et des services de gendarmerie.
Dans ce contexte, plusieurs responsables politiques, du PS au RN, ont demandé au garde des Sceaux de démissionner. Ce qu’il a refusé. Posons la question autrement. Non pas « Gérald Darmanin doit-il démissionner ? », mais « Peut-on être ministre, c’est-à-dire le patron d’une administration, et n’être responsable de rien ? » Sous cet angle : la réponse est non. Et ce, que l’on soit à la tête de la Justice ou des Transports.
Certes, cette affaire n’est pas une affaire Darmanin, et son éventuel départ de la place Vendôme ne réglera pas d’un coup de baguette magique la crise systémique que traverse la justice. Mais balayer d’un revers de main la question des moyens, comme lui et Emmanuel Macron l’ont fait, ne peut que laisser songeur. D’autant plus que c’est sous l’impulsion du chef de l’État que le budget de la Justice a été revu à la hausse ces dernières années. Preuve qu’il y avait plus que des trous dans la raquette.
Or, si cet effort doit être salué, il reste insuffisant. Il a fallu le drame de la mort de Lyhanna pour que les 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineur remontent à la surface.
Mais il y a plus ennuyeux pour le gouvernement. Qu’est-ce qu’une politique judiciaire, sinon un empilement de priorités dont aucune n’est contestable ? Faut-il prioriser la lutte contre le narcotrafic ? La réponse est oui. La lutte contre les violences intrafamiliales ? Oui. Celle contre les violences sexuelles et les violences faites aux femmes ? Oui, encore.
Prenons le sujet autrement : qu’est-ce qui n’est pas important ou prioritaire ? Les violences routières ? Non. L’antisémitisme et le racisme ? Toujours pas. La liste est longue. Voilà le défi de la justice, répondre – toujours plus vite – à des faits qui méritent tous d’être en haut de la pile. Désigner le parquet d’Auch, où le manque de moyens a été mis en lumière dès 2025, ne suffira pas. Le décisionnaire de la politique judiciaire n’est pas dans le Gers. Mais à Paris, place Vendôme.
