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gouvernementvia Le HuffPost··4 min de lecture

Emmanuel Macron présente à Choose France un eldorado des data centers, malgré les critiques sur l’environnement

Personnalités citées :Emmanuel MacronMasayoshi SonOlivier BlumDenis Ferrand
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Le contexte

Le sommet Choose France, qui se tient chaque année, vise à attirer des investissements étrangers en France. Emmanuel Macron y présente la France comme un leader potentiel dans le domaine des data centers, en lien avec l'essor de l'intelligence artificielle. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large de réindustrialisation décarbonée.

Ce qu'il faut retenir

Emmanuel Macron a présenté la France comme un eldorado pour les data centers lors du sommet Choose France. SoftBank a annoncé un investissement de 75 milliards d'euros pour construire des centres de données dans les Hauts-de-France. Ces investissements devraient créer plus de 15 000 emplois. Cependant, cette initiative suscite des critiques sur son impact environnemental, notamment en raison de la consommation d'énergie et d'eau des data centers.

Ce que ça change

Cette initiative pourrait renforcer la position de la France dans le secteur technologique tout en soulevant des questions sur la durabilité environnementale. Les critiques sur l'impact écologique des data centers pourraient influencer les politiques publiques et la perception des investissements étrangers en France.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Des centres de données « made in France » . Pour la 9e édition de Choose France (« Choisissez la France ») ce lundi 1er juin, Emmanuel Macron veut projeter l’image d’une France eldorado des data centers, devenus stratégiques avec l’essor de l’Intelligence artificielle (IA). Une manière pour le président de la République de promouvoir ce qu’il appelle la « réindustrialisation décarbonée » , soit créer de l’activité économique tout en émettant moins de CO₂. Mais cette stratégie est très critiquée, surtout d’un point de vue environnemental.

Avant même le début du sommet dédié aux investissements étrangers, au château de Versailles, le géant japonais SoftBank a annoncé dimanche 31 mai injecter la somme de 75 milliards d’euros dans l’économie française, dont 45 milliards d’ici 2031 pour la construction de centres de données dans les Hauts-de-France. Son président, Masayoshi Son, a assuré à La Tribune dimanche : « Ce sera l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle. »

La construction de ces centres de données à Dunkerque, Bouchain et Bosquel doit être officialisée lundi après-midi par Emmanuel Macron, qui a déjà annoncé des investissements étrangers d’un montant global « record de 93 milliards d’euros » , qui doivent déboucher sur la création « plus de 15 000 emplois » . Le projet de SoftBank approche à lui seul les investissements cumulés (87 milliards) de l’ensemble des 230 projets des huit premières éditions de Choose France, souligne Le Monde . Un chiffre impressionnant, révélateur de l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour les infrastructures liées à l’IA dans l’Hexagone.

Il faut dire que la France dispose de nombreux atouts pour les géants de la technologie. En premier lieu, son énergie peu carbonnée et relativement compétitive, en grande partie grâce au parc de centrales nucléaires. Pour un investisseur, implanter un data center dans l’Hexagone permet ainsi d’afficher une empreinte carbone plus faible que dans de nombreux autres pays européens, dont la production d’électricité dépend encore largement du gaz et du charbon. C’est ce qui a convaincu Soft Bank.

« Tout est réuni » en France, a expliqué Olivier Blum, le directeur général de Schneider Electric, qui participe à l’installation industrielle du data center de Dunkerque, sur franceinfo ce lundi. « Il faut avoir des terrains disponibles, il faut avoir de l’accès à l’énergie décarbonée et il faut aller vite parce que l’intelligence artificielle ne va pas attendre dix ans pour pouvoir être produite », a-t-il ajouté.

Si les investisseurs trouvent leur compte en France, le pays a aussi à y gagner, d’après le dirigeant : le projet générera « 150 emplois minimum » dans les Hauts-de-France, assure-t-il, toujours à franceinfo.

Emmanuel Macron voit, lui, dans les data centers le meilleur moyen d’appliquer sa stratégie de « croissante verte ». « Grâce à nos centrales nucléaires, nous avons la capacité d’ouvrir des data centers, de développer des capacités de calcul et d’être au cœur du défi de l’intelligence artificielle » , se félicitait-il le 10 mars, dans son discours d’ouverture au Sommet mondial de l’énergie nucléaire à Paris . Une phrase qui illustre le double objectif affiché tout au long de son mandat : attirer des industries numériques avec une énergie « verte » , tout en soutenant la croissance économique.

Le hic, c’est qu’implanter des data centers dans l’Hexagone n’est pas du tout écologique. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ( Ademe ) évalue la consommation annuelle des plus de 350 data centers français à 10 térawattheures (TWh) par an, soit « l’équivalent de l’électricité consommée par 9 à 10 agglomérations de plus de 100 000 habitants pendant un an ». La consommation en eau d’un « data center » de grande taille « peut rivaliser avec celle d’un hôpital » et ses équipements « impliquent l’extraction de métaux rares aux quatre coins du monde » , indique de son côté l’association France urbaine à l’AFP.

Avec l’essor de l’IA, si rien ne change dans nos habitudes et dans les politiques actuelles, la consommation d’électricité liée aux usages numériques des Français risque d’être multipliée par 4 d’ici 2035, pointe l’Ademe. Or, la France amorce le virage de la décarbonation, et « il y a donc un risque de conflit d’usage avec la transition écologique » , pointe des spécialistes à France Inter.

De plus, l’Ademe rappelle que ce n’est pas parce que les centres de données sont implantés en France, que les données des Français restent sur le territoire. Le numérique fonctionne comme un réseau mondial. Lorsqu’une vidéo Youtube est regardée en France, par exemple, les données peuvent être traitées ou stockées dans des data centers situés à l’étranger, dans des pays utilisant une électricité plus carbonée. L’impact climatique réel peut être plus élevé qu’il n’y paraît.

L’un des experts interrogés sur France Inter, l’économiste Denis Ferrand de l’Institut Rexecode , met aussi en garde contre des investissements en « trompe-l’œil ». Le chercheur rappelle en effet qu’en termes d’investissements étrangers, la France a pris beaucoup de retard sur ses voisins : « Quand vous regardez non pas les flux, mais le stock d’investissements qui sont faits par des entreprises étrangères sur le territoire en France, c’est dans notre pays que cette empreinte est la plus faible de tous les pays européens. » L’économiste souligne enfin l’enjeu de convaincre les entreprises de rester sur le territoire. Une responsabilité qui reviendra - s’il le veut - au successeur d’Emmanuel Macron.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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