Un cortège de 600 personnes a manifesté son opposition au plan social et aux fermetures de services à la polyclinique de Pau, ce samedi 6 juin 2026. La décision du tribunal de commerce est attendue le mardi 9 juin à Bordeaux
Un long cortège a battu le pavé ce samedi 6 juin après-midi à Pau, de la préfecture à la clinique Marzet. Des professionnels de santé, en libéral comme des hôpitaux, et des habitants de tout le Béarn sont venus entourer les salariés de la polyclinique Pau Pyrénées menacés d’un rude plan social depuis le 7 mai. Un rassemblement de 600 personnes (800 selon les syndicats) pour refuser la fermeture annoncé...
Un long cortège a battu le pavé ce samedi 6 juin après-midi à Pau, de la préfecture à la clinique Marzet. Des professionnels de santé, en libéral comme des hôpitaux, et des habitants de tout le Béarn sont venus entourer les salariés de la polyclinique Pau Pyrénées menacés d’un rude plan social depuis le 7 mai. Un rassemblement de 600 personnes (800 selon les syndicats) pour refuser la fermeture annoncée de plusieurs services.
Le groupe bordelais GBNA a en effet annoncé la fermeture de la maternité sur le site Navarre, et le licenciement de 161 personnels (sur 542) par le biais d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Les grands axes du projet de restructuration prévoient un recentrage sur la chirurgie (en croissance de 3,2 %), mais aussi l’arrêt des activités déficitaires que sont l’oncologie médicale en hospitalisation complète ainsi que les soins médicaux et de réadaptation (SMR) aujourd’hui sur le site de Marzet, boulevard Alsace-Lorraine.
Les services d’Hôpital de jour (douleur, polyvalent, urologie) et l’activité de chimiothérapie, également à Marzet jusqu’alors, seront déménagés vers Navarre à la rentrée. Si bien que les portes de la clinique Marzet fermeront dès juillet. Enfin, la transformation du service d’urgence H24 en simple « antenne d’urgence », et la réorganisation de l’unité de soins intensifs polyvalents sont également au programme.
Le tribunal de commerce de Bordeaux doit statuer sur le dossier le mardi 9 juin. « Ce qui se joue dans les jours qui viennent, c’est l’accès aux soins de tout notre territoire », s’inquiète le collectif de défense de la polyclinique. Tous les intervenants syndicaux dénoncent la « marchandisation de la santé » et la « logique de rentalité » au détriment de l’offre de soins.
Le collectif de défense réclame un audit du groupe GBNA voire sa reprise par l’État « s’il n’est pas capable d’assurer les soins essentiels ».
« Si les cliniques privées qui s’en mettent plus les poches n’arrivent pas à gérer, il n’y a qu’à nationaliser », lance Isabelle, cégétiste dans une clinique bordelaise de GBNA entourée de collègues de la capitale régionale. « Durant le Covid en 2020, nous étions les essentiels. Aujourd’hui, on nous jette. C’est dégueulasse », tempête-t-elle.
Une sage-femme interroge sur l’avenir des naissances alors que, déjà, l’hôpital de Pau n’est pas en mesure d’absorber celles de la maternité de Navarre. Certains jours, c’est même à Navarre que les parturientes trop nombreuses à l’hôpital sont déplacées. « Nous lançons un appel aux décideurs qui ont l’avenir de notre territoire entre leurs mains », crie Chaïma afin d’implorer qu’ils écoutent les soignants.
Avec la fermeture de la maternité, de l’oncologie et autres restructurations, « c’est la sécurité que l’on retire à la population », souligne-t-elle. Reçu mi-mai par la ministre de la Santé, le maire de Pau assure multiplier les initiatives. Stéphanie Rist serait sensible au sort de la polyclinique, indique Jérôme Marbot, et particulièrement à celui de la maternité. Avec l’appui de la sénatrice Frédérique Espagnac et d’autres parlementaires du Béarn, une nouvelle rencontre devrait avoir lieu durant la semaine.
Le maire de Pau entend réunir tous les acteurs du dossier, avec l’ARS et le préfet « peut-être même sous l’égide de la ministre » dans les semaines qui viennent. « Merci pour votre mobilisation. Elle est importante car il ne faut pas se laisser faire », a déclaré Jérôme Marbot.
