Le président du parti Reconquête était l’invité du cercle de réflexion conservateur Heritage Foundation, qui a joué un rôle important dans la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine de 2024
Le probable candidat à l’élection présidentielle Éric Zemmour a affirmé lundi lors d’une conférence à Washington avoir « beaucoup de points communs avec MAGA », le mouvement du président américain Donald Trump. « Il n’y a aucune honte à penser qu’on a des accointances idéologiques avec le mouvement MAGA », a-t-il déclaré à l’AFP après la conférence. « Nous avons la même approche de l’invasion migratoire, la même approche du wokisme… donc en politique intérieure nous avons des points d’accord majeurs », a ajouté Éric Zemmour, venu dans la capitale américaine faire la promotion de son livre de 2014 « Le Suicide Français », récemment réédité et aujourd’hui traduit en anglais sous le titre « The Suicide of France ».
Le président du parti Reconquête était l’invité du cercle de réflexion conservateur Heritage Foundation, qui a joué un rôle crucial dans la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine de 2024. « Le suicide de la France est devenu le suicide de l’Occident », a lancé Éric Zemmour en lisant ses notes préparées en anglais, devant une audience d’une centaine de personnes.
Son hôte Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation, a salué un « diagnostic complètement exact » du politicien français. « De notre point de vue américain, sauver l’Amérique c’est sauver l’Occident. Mais nous ne pouvons pas sauver l’Occident tous seuls », a-t-il ajouté, précisant que selon lui la France était parmi les pays « les plus importants » dans ce combat.
Pour Éric Zemmour, il existe « depuis deux siècles un effet de miroir entre la France et l’Amérique », et ce « pour le meilleur et pour le pire ». « Là, pour le pire », en ce qui concerne les politiques d’ouverture à l’immigration aux États-Unis des dernières décennies, copiées selon lui par les dirigeants français depuis. S’exprimant devant des journalistes français après la conférence, Éric Zemmour a reconnu des « points divergents » avec la droite américaine actuelle sur le plan de la politique extérieure et notamment sur la guerre avec l’Iran. « Déclarer une guerre sans nous prévenir et après dire que nous ne sommes pas de bons alliés, là moi je ne suis pas d’accord », a-t-il affirmé.
Interrogé par une journaliste du « Point » qui lui demandait s’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027, Éric Zemmour a répondu : « Vous verrez bien. » « Je ne veux pas annoncer ma candidature comme ça sur un coin de table », a-t-il ajouté. Et à la question de savoir si sa compagne Sarah Knafo, candidate Reconquête à la mairie de Paris cette année, comptait se présenter à sa place, il a affirmé sur le ton de l’évidence : « Si je me présente, non. On ne peut pas se présenter à deux. »
Kevin Roberts a de son côté démenti toute volonté d’ingérence de la Heritage Foundation dans les prochaines élections en France et en Europe, mais s’est dit « vraiment reconnaissant envers monsieur Zemmour, monsieur Bardella, madame Le Pen, madame Maréchal… » d’exposer les problèmes posés selon lui par l’immigration.
