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autrevia Le Figaro — Économie··5 min de lecture

Faut-il payer pour entrer sur les îles françaises ? Oléron relance le débat cet été

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Dominique Rabelle
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Le contexte

L'île d'Oléron, la plus grande île française de la côte atlantique, fait face à des défis liés à l'afflux touristique et à l'entretien de ses infrastructures. Le viaduc d'accès, devenu gratuit en 1991, pourrait voir son statut changer avec une proposition de péage pour financer les travaux nécessaires et la protection de l'île.

Ce qu'il faut retenir

Le débat sur l'accès payant à l'île d'Oléron est relancé par une consultation populaire soutenue par 24 élus sur 29. Les recettes d'un éventuel péage serviraient à l'entretien du viaduc et à la protection du littoral. Les conséquences économiques d'un péage suscitent des inquiétudes parmi les commerçants et les résidents, qui craignent une baisse de la fréquentation touristique et des impacts sur leur activité.

Ce que ça change

La mise en place d'un péage pourrait transformer l'économie locale et la dynamique sociale de l'île. Si le projet est adopté, il pourrait servir de modèle pour d'autres îles françaises confrontées à des problématiques similaires, tout en soulevant des questions sur l'équité d'accès et la préservation des ressources naturelles.

L'article complet

Source originale sur lefigaro.fr

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Alors que l’île des Charentes pense à rendre son viaduc payant à nouveau, la question de l’accès aux îles françaises revient dans l’actualité. Face au coût des infrastructures, à l’érosion et à l’affluence estivale, est-ce aux visiteurs de contribuer davantage à leur protection ?

De longues plages de sable fin bordées de pinèdes ; des marais à perte de vue ponctués de cabanes à huîtres ; une citadelle fortifiée, d’adorables villages de pierre ou des petits ports colorés… La plus grande île française de la côte atlantique a tout de la carte postale. Aussi, Oléron attire chaque année des centaines de milliers de touristes : pour mémoire, près de 7 millions de nuitées y ont été réservées en 2025 ! Outre son activité touristique, l’île reste dynamique en toute saison grâce à l’ostréiculture, la pêche, l’agriculture et la production viticole. Près de 20.000 habitants y résident à l’année, tandis que des milliers d’autres, venus du continent, y travaillent chaque jour.

Ouvert le 21 juin 1966 – soit il y a tout juste 60 ans –, le viaduc d’accès à Oléron a longtemps été payant… avant de devenir gratuit en 1991. Depuis une dizaine d’années, de nombreux élus – ainsi qu’une partie des résidents – souhaitent rétablir un droit de passage pour l’emprunter . Certes, le sujet est devenu un serpent de mer mais cette fois, cela semble plus sérieux : début juin, 24 élus de l’île sur 29 ont voté en faveur d’une consultation populaire, ouvrant un débat sur la mise en place d’un péage. C’est qu’avec trois kilomètres de long et 46 travées, le pont d’Oléron nécessite un budget d’entretien considérable, assuré jusqu’à maintenant par le département. Mais avec les économies budgétaires imposées par l’État, ce financement semble aujourd’hui menacé.

« Le contrat de territoire s’arrête, il nous fallait réagir. Les difficultés financières du département sont réelles » explique Dominique Rabelle, maire de Saint-Georges-d’Oléron et vice-présidente de Charente-Maritime . Les recettes générées par la création d’un péage serviraient d’abord à rénover l’infrastructure, mise à rude épreuve par le sel, les marées, le vent et la circulation. « Il y a 50 millions d’euros de travaux » , explique l’élue. Mais ces subsides permettraient aussi d’assurer la protection du littoral, de lutter contre l’érosion, d’entretenir les routes, d’aménager des voies cyclables ou de mieux organiser le traitement des déchets générés par les touristes… La baisse du nombre d’entrées non essentielles à Oléron permettrait aussi de réduire les embouteillages, qui explosent pendant l’été ou les ponts de mai. «On peut parfois perdre jusqu’à une heure pour sortir de l’île, sans parler des problèmes de pollution que cela génère » , témoigne un résident secondaire installé dans la commune de Saint-Georges.

La consultation permettra de répondre à la question centrale du débat : qui devra payer le pont ? Les touristes, les visiteurs d’un jour, les résidents secondaires ? Les saisonniers, les artisans ou les ostréiculteurs qui viennent travailler sur l’île mais n’y habitent pas ? Et quid des transporteurs ? « Pour le moment, rien n’a encore été décidé. On écoutera tout le monde et on tiendra compte de l’avis de chacun » assure la maire de Saint-Georges. Des tarifs aux éventuelles exemptions, tout reste encore à définir. Les arbitrages seront sensibles car ils auront nécessairement des effets sur l’économie de l’île. Les commerçants et acteurs du secteur touristique pourraient bien être les premiers touchés. Grégory Thomas, dont la boulangerie se trouve à l’entrée de l’île, alerte sur les conséquences d’un péage pour son activité : «Beaucoup de mes clients habitent sur le continent. Si le pont devient payant, ils ne viendront plus se ravitailler chez moi » .

De même, le boulanger profite à plein du passage des touristes qui viennent à la journée depuis les stations balnéaires de Ronce-les-Bains, La Tremblade ou même Royan . « Certains renonceront à venir » s’inquiète-t-il. Dans la cabane ostréicole des Huîtres Marcelle, proche du pont, on pense aussi aux employés qui habitent sur le continent. « Devront-ils payer un abonnement pour venir travailler ? On est encore dans le flou » , confie Camille, la co-gérante. Même appréhension chez les commerçants du marché du Château d’Oléron, qui attire chaque dimanche des gens venus de toute la région. Certains grands évènements pourraient aussi pâtir du péage, à l’image de La Fête du Mimosa de Saint-Trojan, qui permet pourtant de faire vivre l’île hors saison.

Il est toutefois malvenu de nier que la fréquentation estivale pose de vrais défis. Par ailleurs, on compte environ 6 millions de passages par an sur le pont ! Certains militent depuis des années pour réguler la fréquentation de l’île. « Je trouve que le péage serait une bonne chose pour la préservation. Les habitants et résidents secondaires contribuent déjà fortement à l’entretien de l’île. Il est normal que les touristes prennent leur part » ajoute le résident secondaire de Saint-Georges. Il faut dire que l’exemple de l ’île de Ré , qui a toujours gardé son viaduc payant, fait ici quelques envieux. Aujourd’hui, il faut débourser 16 euros pour découvrir le charme rhétais. Chaque année, ce sont plus de 15 millions d’euros qui tombent dans les caisses de la communauté de communes de l’île. La gratuité est totale pour les habitants tandis que des abonnements préférentiels sont proposés aux résidents secondaires ou aux travailleurs. Des infrastructures comme des pistes cyclables, des transports en commun ou des digues de protection ont pu être construites sans trop solliciter le portefeuille des administrés.

Un développement durable et raisonné qui est devenu un vrai atout touristique. Revers de la médaille, Ré est parfois accusée d’avoir organisé un tri social en sanctuarisant son péage. À Oléron, une démarche similaire pourrait bouleverser l’équilibre actuel, dans lequel clientèle populaire et habitués plus fortunés cohabitent sans trop de heurts. Ainsi, dans les années à venir, Oléron pourrait devenir un laboratoire d’expérimentations pour les autres îles françaises . Voire un modèle en cas de succès ? Car nombreuses sont les autres îles à se poser des questions et à envisager d’instaurer des péages, écotaxes ou quotas d’accès. Porquerolles et Bréhat sont déjà passées à l’acte. Noirmoutier s’interroge. La préservation de ces paradis insulaires mérite un large débat.

Texte extrait depuis l'article original sur lefigaro.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur lefigaro.fr.

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