Le Parlement a approuvé mardi 16 juin l'adoption définitive d'une loi de réparation au bénéfice des mineurs de La Réunion déplacés dans l'Hexagone entre 1962 et 1984, plus de 2 000 enfants arrachés à leurs terres. Communément baptisés « Enfants de la Creuse », ces mineurs ont été contraints d'aller de La Réunion vers 83 départements hexagonaux – officiellement pour répondre à l'augmentation de la population réunionnaise –, endurant de profonds traumatismes. Le texte, définitivement adopté par un vote unanime au Sénat, leur ouvre un droit à réparation sous forme d'allocation forfaitaire.
Publié le : 16/06/2026 - 23:42 Modifié le : 16/06/2026 - 23:53
« Une nouvelle pierre mémorielle dans un long chemin de reconstruction » : dans l'émotion, le Parlement a approuvé mardi 16 juin l'adoption définitive d'une loi de réparation au bénéfice des mineurs réunionnais déplacés dans l'Hexagone entre 1962 et 1984, plus de 2 000 enfants arrachés à leurs terres.
Avec un vote unanime au Sénat, quelques mois après un vote identique à l'Assemblée nationale, le Parlement français entend reconnaître les torts de l'État dans ce scandale du XXe siècle.
Entre 1962 et 1984, 2 015 mineurs ont été déplacés de La Réunion vers 83 départements hexagonaux, principalement ruraux. Cette politique visait officiellement à répondre au doublement de la population réunionnaise en trente ans et à repeupler des zones rurales comme la Creuse, département ayant accueilli le plus d'enfants, d'où le surnom de ces mineurs parfois baptisés « enfants de la Creuse ».
Mais dans les faits, ce furent des jeunesses interrompues soudainement, des changements d'état civil brutaux, voire des maltraitances ou humiliations à l'origine de profonds traumatismes pour ces enfants initialement placés au sein de l'Aide sociale à l'enfance. Ces mineurs étaient de tous âges, avec des nouveau-nés comme des adolescents.
En résumé, « des milliers de trajectoires bouleversées par l'exil, par la séparation des familles, par la rupture brutale avec une terre, avec une langue, avec une filiation », a détaillé la ministre des Outre-Mer Naïma Moutchou, saluant l'adoption d'un « texte de justice et de dignité » qui touche aux « parts d'ombre » de l'histoire de France.
Élue de La Réunion, la socialiste Audrey Bélim a aussi souligné la situation des proches de ces enfants déracinés, « des parents qui ont attendu en vain le retour de leurs enfants et des familles marquées pour toujours par le silence, l'incompréhension et parfois la honte. »
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