Alors que le cadre législatif est en passe de se durcir avec la loi Ripost, une nouvelle fête non déclarée se tient ce week-end au nord de Montpellier
Plusieurs centaines de personnes sont toujours rassemblées dimanche pour une free party commencée dans la nuit de vendredi à samedi sur un terrain situé sur la commune de Ferrières-les-Verreries, au nord de Montpellier, selon les autorités. Dans un point de situation publié sur les réseaux sociaux dans la matinée, la préfecture indique que « 50 véhicules (200 personnes) ont déjà quitté les lieux » et précise que le nombre de participants est désormais « estimé à 1 800 personnes ».
« Il y a probablement entre 5 000 et 10 000 participants », estime, pour sa part, Sophie Mazas, avocate, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme dans l’Hérault, qui appelle à plus de concertation entre organisateurs et Préfecture, et présente sur les lieux aux côtés de France Nature Environnement.
Sur le terrain occupé par la free party, dont une partie est située en zone Natura 2000 Hautes Garrigues du Montpelliérais, « un périmètre de protection pour protéger la flore a été installé », a indiqué Sophie Mazas. « Des espèces protégées ont été entourées par des rubalises (des rubans de signalisation : ndlr). Les organisateurs ont également fait de grands affichages sur des draps pour sensibiliser les participants », a-t-elle ajouté.
Au total, près de 160 gendarmes sont mobilisés pour sécuriser le site et procéder aux contrôles en sortie, précise la préfecture qui annonce qu'« une centaine d’amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées pour des usages détentions de stupéfiants et des détentions d’armes blanches ».
Dans l’Hérault, un arrêté interdit « l’organisation de tout événement de type rave party sur l’ensemble du territoire jusqu’à la fin de l’année 2026 ». À l’appel des collectifs de défense des free parties, une mobilisation avait rassemblé le week-end précédent plusieurs centaines de manifestants à Marseille et Montpellier notamment, protestant contre le projet de loi Ripost , qui veut durcir leur pénalisation. Samedi, à Rennes, plusieurs milliers de personnes ont organisé une nouvelle « manifestive ».
Adopté au Sénat, le projet de loi Ripost attend d’être débattu à l'Assemblée nationale. Pour les organisateurs de fêtes, il prévoit une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, et jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration obligatoire en préfecture serait abaissé à 250 participants contre 500 actuellement.
