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Les quatre syndicats représentatifs de la compagnie publique appellent à la grève mercredi 10 juin. Si le plan de transport devrait être dévoilé ce lundi à 17h, les organisations syndicales promettent des perturbations importantes sur l’ensemble du réseau.
Les syndicats de la SNCF veulent taper du poing sur la table. Les quatre organisations représentatives de la compagnie (CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT Cheminots) appellent à la grève ce mercredi 10 juin , la première depuis l’arrivée de Jean Castex à la tête du groupe. «C’est une grève unitaire de quatre fédérations, chose qui n’était pas arrivée depuis décembre 2024» , a souligné ce lundi lors d’une conférence de presse Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots. Les syndicats promettent une grande journée d’action et de fortes perturbations du trafic, lors de cette journée qui constitue un premier test social pour la nouvelle direction.
«On peut affirmer que ça va être une grève qui va être très suivie» , a assuré ce lundi Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud-Rail, évoquant un «processus revendicatif offensif» et promettant que «les salariés des trois filiales (de la SNCF, NDLR) seront massivement en grève» . Thierry Nier (CGT) s’attend également à «un pourcentage de grévistes important» , qu’il juge «significatif d’une implication des cheminots dans la mobilisation» . Les prévisions de trafic seront officiellement communiquées par la SNCF ce lundi à 17h.
Quant au choix de la date de la grève, celui-ci n’est pas anodin, affirment les syndicats. «Ce n’est ni Noël, ni un dimanche, ni un jour férié. C’est aussi en dehors des jours d’examens du bac . C’est un choix conscient qui a été fait» , explique Fabrice Charrière, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire, qui pointe une façon de se faire entendre sans pénaliser outre mesure les usagers.
Face à cette mobilisation, la SNCF prépare son dispositif de crise. «Il est encore un peu tôt pour mesurer les impacts, le plan de transport devant être annoncé dans l’après-midi» , indique une source proche du dossier. Comme lors des dernières grèves, l’entreprise devrait mobiliser des cadres volontaires pour limiter les perturbations. «L’objectif est de limiter autant que possible l’impact pour les voyageurs du quotidien comme pour ceux de longue distance» , précise la même source, tout en reconnaissant des limites : «La SNCF n’a toutefois pas les moyens de compenser de manière exhaustive l’ensemble des absences.»
Pour les syndicats, cette grève est l’occasion de faire entendre leurs revendications. Les cheminots exigent notamment le rétablissement d’une véritable unité sociale au sein de la compagnie, fragilisée selon eux par la fin des recrutements au statut depuis 2020. Ils souhaitent aussi la fin des réorganisations qui perturbent leur quotidien et leurs conditions de travail.
Enfin, la question des salaires reste centrale, avec une demande d’augmentations plus justes et durables face à l’inflation . La direction de la SNCF maintient de son côté qu’elles se situent «entre 1 et 1,5 point au-dessus» de celle-ci. La CGT fait par ailleurs état d’une hausse des accidents du travail de 15,9% entre 2024 et 2025, et de 40% pour «les arrêts maladie liés à la santé mentale» , à laquelle s’ajoutent «13 suicides depuis le début de l’année» . Fabrice Charrière a ainsi pointé une «souffrance à tous les niveaux de l’entreprise» .
Les syndicats sont clairs : «S’il n’y a pas de réponse, il y aura des suites» , a prévenu Julien Troccaz, de Sud-Rail, qui estime que la direction n’a pas intérêt à «jouer la carte du pourrissement» . Une réunion intersyndicale est programmée jeudi 11 juin et une rencontre avec Jean Castex est prévue le 23 juin, mais les syndicats souhaitent qu’elle soit avancée. «C’est le moment des actes» , a conclu Julien Troccaz.