En 2022, après l’invasion russe de l’Ukraine, l’Union européenne avait suspendu son accord facilitant l’obtention de visas pour les citoyens russes. La Commission européenne avait aussi interdit en novembre 2025 la délivrance de visas à multiples entrées. Aujourd'hui, une dizaine de pays européens réclament l’introduction de nouvelles mesures pour limiter le nombre des touristes russes en Europe. Cet article du média public estonien ERR revient sur cette demande.
Onze pays européens, dont l'Estonie, font pression sur l'Union européenne pour qu'elle restreigne l'accès des Russes à l'espace Schengen avant l'été prochain.
Le média Politico Europe cite une lettre commune signée par neuf États membres de l'UE, ainsi que par la Norvège et l'Islande, pays non membres, qu'il résume ainsi : " Les Russes ne devraient pas se prélasser au soleil sur les plages européennes alors que des Ukrainiens meurent."
Les données de l'UE montrent que le nombre de visas délivrés à des ressortissants russes a augmenté, malgré la guerre en Ukraine. Il a progressé de 8 % en 2025 pour atteindre 623 451. C'est la France qui a délivré le plus grand nombre de visas Schengen à des ressortissants russes en 2025, suivie par l'Italie et l'Espagne.
Cette lettre, rédigée à l'initiative de la Suède, a été adressée à la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et au commissaire chargé des migrations, Magnus Brunner, en amont du Conseil "Justice et affaires intérieures" du jeudi 4 juin. Elle préconise un durcissement de la politique en matière de visas à l'égard des Russes.
Cet appel a reçu le soutien des ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de l'Union européenne représentant l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Pologne.
Les ministres estiment que la mise en œuvre des directives de l'UE est inégale, ce qui permet aux Russes de "faire du shopping de visas", selon Politico Europe.
Dans une déclaration faite avant la réunion, le ministre de l'Intérieur estonien Igor Taro (du parti libéral Eesti 200) a indiqué que l'Estonie avait déjà cessé de délivrer des visas aux citoyens russes.
Cependant, cela ne suffit toujours pas : d'autres États membres continuent de leur permettre l'accès à leurs commerces et à leurs plages.
" Ces facilités de déplacement entraînent des risques importants en matière de sécurité. Sans compter que les ressortissants d’un État agresseur, plus généralement, ne devraient pas avoir accès à des avantages dont ils ne peuvent pas bénéficier chez eux en raison des crimes commis par leur pays. En bref, il faut resserrer davantage les contrôles aux frontières de l’espace Schengen ", a expliqué Igor Taro.
Les signataires ont également apporté leur soutien à la proposition de l'Estonie visant à interdire l'octroi de visas aux Russes ayant combattu en Ukraine.
Igor Taro a précisé qu'il aborderait à nouveau la question avec ses homologues lors de la réunion de jeudi.
" Fermer l'espace Schengen aux militaires russes ayant combattu en Ukraine est dans l'intérêt de notre sécurité à tous" , a-t-il déclaré, ajoutant que l'Estonie avait déjà interdit l'entrée sur son territoire à 2000 anciens combattants.
"Nous collaborons avec les services de sécurité ukrainiens à ce sujet, et j'appelle une nouvelle fois tous mes collègues à agir de concert dans cette affaire ", a conclu Igor Taro.
Un article publié à l'origine par ERR News le 4 juin 2026 à 11h40. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.
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