Alors que le Premier ministre doit annoncer la manière dont l’État financera sa part dans le grand projet ferroviaire, le Pôle parlementaire opposé à la LGV associé à des dizaines de maires signe une tribune étayée par les réserves du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures
« Rien n’est irréversible en démocratie », balaie la députée écologiste de Haute-Garonne Christine Arrighi. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé que le projet de LGV Bordeaux-Toulouse-Dax est « irréversible » et qu’il doit annoncer ces prochains jours la manière dont l’État financera sa part dans cette infrastructure dont
« Rien n’est irréversible en démocratie », balaie la députée écologiste de Haute-Garonne Christine Arrighi. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé que le projet de LGV Bordeaux-Toulouse-Dax est « irréversible » et qu’il doit annoncer ces prochains jours la manière dont l’État financera sa part dans cette infrastructure dont le coût est estimé au bas mot à 16 milliards d’euros (hors frais financiers) , le Pôle parlementaire opposé au grand projet ferroviaire monte aux créneaux.
Réunis ce jeudi 4 octobre à la mairie de Casteljaloux, en Lot-et-Garonne, Christine Arrighi, les députés girondins Loïc Prud’homme (apparenté LFI) et Mathilde Feld (LFI), le député basque Peio Dufau (apparenté PS), la maire de Casteljaloux Julie Castillo (divers droite) et Jean-Marc Vazia, maire du village de Sigalens dans le Bazadais, ont présenté une tribune diffusée sur les réseaux sociaux et cosignée par une quinzaine de parlementaires et 70 maires pour dire et répéter leur rejet de « ce projet archaïque ».
Utilité contestée, gain de temps relativisé, coût sous-estimé de plusieurs milliards d’euros, impact écologique sur des milliers d’hectares, abandon des trains du quotidien au profit des liaisons entre métropoles… Les arguments des opposants sont connus. Mais ils estiment qu’ils sont désormais largement étayés par le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) rendu public début avril.
« Les conclusions du COI sont claires et mettent fin aux illusions entretenues à grand renfort de communication par les promoteurs des LGV du Sud-Ouest », cinglent les élus signataires de la tribune avant de reprendre à leur compte les réserves émises par les experts du COI.
Sur le calendrier tout d’abord, notamment pour le tronçon Bordeaux-Dax qui ne pourrait être mis en service avant l’année 2042, selon le rapport. Quant au tronçon Dax-Espagne, « il est renvoyé aux calendes grecques », relèvent les auteurs de la tribune. « De toute façon, la LGV ne passera pas au Pays basque », tonne le député cheminot Peio Dufau dans la mairie de Casteljaloux. Tous rappellent qu’une ligne existe déjà, qu’elle servait naguère à battre des records de vitesse en TGV. Elle ne demande qu’à être « régénérée et modernisée » jusqu’à Hendaye.
Avec cette option, les opposants s’attaquent à tout l’édifice du plan de financement. Car si l’on retire au projet d’ensemble la connexion avec l’Espagne, l’Union européenne annulera ses promesses de financement, soit 20 % du « budget fortement sous-évalué ». « Les dernières estimations sont d’au moins de 20,4 milliards d’euros en portage public et de 27,6 milliards d’euros avec un financement public-privé. » Une alternative que le gouvernement a mise sur la table pour limiter l’endettement de l’État, mais dont ne veulent pas entendre parler les collectivités en raison du surcoût et d’une nécessaire remise à plat du plan de financement.
Outre « l’abandon du projet », les signataires demandent « un engagement massif dans le développement d’une offre de trains du quotidien qui réponde aux besoins des habitants ».
