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electionsvia BFM TV··4 min de lecture

Ils veulent peser sur la présidentielle 2027 mais iront-ils au bout? Les candidats de la société civile, un refrain qui cherche toujours son succès

Personnalités citées :Michel-Édouard LeclercNatacha PolonyMatthieu PigassePatrick SébastienJean GarriguesBruno CautrèsBenjamin Morel
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Le contexte

À moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, plusieurs personnalités de la société civile sont évoquées comme candidats potentiels. Cette dynamique n'est pas nouvelle et s'inscrit dans une tradition française où des figures extérieures aux partis politiques tentent de se faire une place dans le paysage électoral. Les motivations et les défis de ces personnalités sont variés et soulèvent des questions sur leur capacité à s'impliquer réellement dans la politique.

Ce qu'il faut retenir

Des personnalités comme Michel-Édouard Leclerc, Natacha Polony et Matthieu Pigasse expriment leur désir d'influencer la présidentielle de 2027 sans pour autant annoncer officiellement leur candidature. Chacun d'eux évoque des préoccupations sur des sujets tels que la souveraineté industrielle et le pouvoir d'achat. Patrick Sébastien, quant à lui, souhaite faire entendre la voix des citoyens en soumettant des propositions aux candidats. L'article souligne les obstacles que ces personnalités pourraient rencontrer pour se lancer dans la course présidentielle.

Ce que ça change

L'éventuelle candidature de figures de la société civile pourrait modifier le paysage politique traditionnel en France, en apportant de nouvelles perspectives et en remettant en question les dynamiques des partis établis. Cela pourrait également inciter les partis à adapter leurs programmes pour répondre aux préoccupations soulevées par ces personnalités, influençant ainsi le débat public à l'approche de l'élection.

L'article complet

Source originale sur bfmtv.com

Michel-Édouard Leclerc, Matthieu Pigasse et Natacha Polony, trois personnalités de la société civile faisant partie des candidats potentiels pour 2027 - FRED TANNEAU/ LOU BENOIST/ JULIEN DE ROSA / AFP

Une petite musique bien connue fait son retour à moins d’un an de l’élection présidentielle. Et si un candidat de la société civile venait bousculer le casting? Ils sont plusieurs à faire l’objet de spéculations: de l’entrepreneur Michel-Édouard Leclerc jusqu’à l’animateur Patrick Sébastien , en passant par l’ancienne directrice de l’hebdomadaire Marianne, Natacha Polony, ou le banquier d’affaires Matthieu Pigasse .

Aucun n’a franchi le pas d’une déclaration officielle, sans forcément mettre fin à l'ambiguïté pour autant. Car tous ont un point commun: ils veulent avoir une influence dans la course élyséenne.

"J’ai envie de peser", reconnaît sans ambages Natacha Polony mercredi 20 mai sur RTL. Au début du mois, l’éditorialiste sort un livre, La France corps et âme (Plon), où elle défend sa vision pour le pays, notamment sur les questions de souveraineté industrielle.

L'heure est à "parler du fond", du "long terme", explique-t-elle samedi 24 mai sur France 2, refusant de s'attarder sur l'eventualité d'une candidature.

En janvier 2026, Matthieu Pigasse s’exprime dans des termes similaires aux siens sur les ondes de France Inter. "Mon ambition, c'est de ne pas rester le long du chemin, indifférent, les bras ballants. Et donc en effet, c'est de peser le plus possible sur la présidentielle de 2027, parce que je considère que c'est un enjeu central", indique-t-il.

Avec son groupe Combat, propriétaire notamment de l’antenne Radio Nova, l’homme de 57 ans, engagé à gauche, revendique de mener une bataille culturelle contre l’extrême droite.

Samedi 25 avril, il était à Liffré en Bretagne où se réunissaient divers figures sociales-démocrates. Un débat était prévu avec l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, lancé vers la prochaine présidentielle. Matthieu Pigasse défend l’union de la gauche face à ce contempteur notoire des insoumis, puis reproche à ce dernier d’avoir écourté les échanges en prétextant un départ précipité pour prendre un train. Bref, il cherche à peser.

Michel-Édouard Leclerc a aussi son mot à dire, par exemple pour apporter des réponses sur le pouvoir d’achat. Des mois, voire des années que le grand patron multiplie les déclarations sibyllines et parfois contradictoires sur la présidentielle. Mardi 19 mai, BFMTV fait une compilation de ses différents propos. Ce qui donne, d’un côté: "ça m’a toujours tenté", "je suis disponible". Et de l’autre: "je n’ai pas de désir d’Élysée", "je n’aspire pas à être président".

L’extrait est diffusé devant Michel-Édouard Leclerc, qui s’en amuse. Loin de clarifier sa position, le dirigeant d’E-Leclerc maintient le flou. Dans la même interview, il explique se sentir "plus efficace à la tête des centres Leclerc", tout en affirmant que l’Élysée "continue de traîner quelque part dans son cerveau".

En novembre 2025, Patrick Sébastien se montre plus clair au micro de BFMTV-RMC. L’humoriste de 72 ans, qui a lancé son mouvement citoyen, "Ça suffit", dit se "présent(e)r à rien" et ne pas désirer "être président de la République". Toutefois, il aimerait faire du "chantage démocratique envers les deux finalistes de la présidentielle".

Comment? En leur soumettant des propositions, qui seraient elle-même formulées par des Français pour lesquels il a mis "une boîte mail à disposition". "Si on est 800.000 ou plus, on aura vraiment du poids", veut croire cette figure de la télé populaire des années 1980 à 2010.

Si l’une ou plusieurs des personnalités citées finissait par se déclarer candidat à la présidentielle, elle s’inscrirait dans une vieille tradition. "Dès l’élection initiale de la Ve République, en 1965, il y a un candidat hors parti, assez pittoresque: Marcel Barbu", rappelle l'historien Jean Garrigues. "Évidemment, il fait un score très faible (1,15%, NDLR). Mais il représente cette tentation de l’outsider, du disruptif, de l’inconnu."

D’autres noms sont venus s’ajouter à la liste par la suite. "Il y a eu Jacques Cheminade (en 2017), Jean-Claude Sebag (en 1974)… Il y en aurait beaucoup comme cela à citer. Et encore je ne parle que de candidats qui ont fait campagne, qui ont eu les 500 parrainages", commente encore Jean Garrigues.

En effet, certains ont fait miroiter la possibilité d’une candidature sans aller jusqu’au bout, dont un certain Coluche . Il faut dire que les raisons de renoncer sont nombreuses.

"Le principal obstacle est que cela demande à des personnalités qui ont réussi quelque chose d’important dans leur vie professionnelle de tout remettre en cause", note le politologue Bruno Cautrès, ajoutant:

"Vous imaginez bien que si Michel-Édouard Leclerc était candidat à la présidentielle, cela voudrait dire, d’une certaine manière, que ses supermarchés ont un point de vue politique (...) Forcément, cela compromettrait l’image de la grande œuvre de sa vie: avoir perpétué l’enseigne Leclerc."

Autre élément important: la difficulté à opérer une mue politique. "Le dernier qui a tenté, et ça n'a pas donné un truc génial, c'est Éric Zemmour. Pourtant, il connaissait très bien la politique (en tant qu’ancien éditorialiste politique du Figaro notamment, NLDR). Et même pour lui, cela a été un vrai choc culturel", lors de la présidentielle de 2022, remarque le politologue Benjamin Morel.

Sur un autre échelon électoral, celui des municipales, Jean-Michel Aulas est également un bon exemple. Longtemps grand favori face au maire sortant, l'ancien président de l'Olympique lyonnais s'est écroulé dans la dernière ligne droite, apparaissant en grande difficulté lors du débat organisé par BFMTV le 24 février dernier.

"Ce n'est pas populaire de dire ça, mais la politique reste un métier", insiste Benjamin Morel. Le même conclut:

"Dans la conquête du pouvoir, les méthodes sont très différentes. Vous ne remplacez pas comme cela un militant que vous avez formé pendant des années dans les arcanes du PS et de LR, qui a connu tous les coups bas au sein de la gauche et de la droite, qui a été attaché parlementaire, qui connaît les querelles de fédération etc... Or, tout cela vous en avez besoin si vous voulez arriver au pouvoir."

Texte extrait depuis l'article original sur bfmtv.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur bfmtv.com.

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