Près d’un an après l’incendie géant qui a ravagé les Corbières et marqué durablement l’Aude, l’enquête connaît un rebondissement spectaculaire avec la garde à vue de trois agents de l’ONF
Près d’un an après l’immense incendie qui avait dévasté 16 000 hectares des Corbières, dans l’Aude, et causé la mort d’une personne, l’enquête judiciaire connaît un tournant important. Trois agents de l’Office national des forêts (ONF) ont été placés en garde à vue dans le cadre des investigations visant à déterminer les circonstances exactes du départ du feu, ainsi que le révèle France3 Occitanie . Une évolution majeure dans ce dossier qui continue de susciter de nombreuses interrogations.
Les trois agents, affectés dans l’Aude, ont été entendus par les enquêteurs le 2 juin. Leur audition intervient dans le cadre des recherches menées depuis plusieurs mois pour établir les éventuelles responsabilités liées à l’origine du sinistre. À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas communiqué sur les éléments précis ayant conduit à ces mesures, ni sur les éventuelles infractions visées.
Le feu s’était déclaré le 5 août 2025 dans le secteur de Ribaute avant de se propager rapidement sous l’effet de conditions météorologiques particulièrement défavorables. Alimenté par des températures élevées, une végétation très sèche et des vents soutenus, l’incendie avait pris une ampleur exceptionnelle, mobilisant d’importants moyens de secours pendant plusieurs jours.
La catastrophe avait également eu des conséquences humaines dramatiques. Une habitante de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, âgée de 67 ans, avait perdu la vie lors de l’incendie. Plusieurs habitants avaient dû être évacués en urgence tandis que de nombreuses exploitations agricoles avaient été touchées.
Au total, plus de 16 000 hectares avaient été parcourus par les flammes, dont environ 11 000 hectares directement détruits. Des milliers d’arbres et d’espaces naturels avaient été réduits en cendres, laissant derrière eux un paysage profondément marqué. Le sinistre avait traversé seize communes et provoqué d’importants dégâts matériels. Trente-six habitations avaient été détruites ou gravement endommagées.
Dès le lendemain du départ du feu, une enquête avait été ouverte afin d’identifier avec précision son origine. Face à l’ampleur des dommages environnementaux et matériels, le parquet de Carcassonne avait rapidement transféré le dossier au pôle régional environnemental de Montpellier. Cette juridiction spécialisée est chargée du traitement des affaires présentant des enjeux environnementaux majeurs et dispose de moyens d’investigation renforcés.
Au fil des mois, les enquêteurs ont multiplié les expertises et les auditions. Un rapport technique consacré aux circonstances du sinistre avait notamment été élaboré conjointement par les services de secours et l’Office national des forêts. Les conclusions de ce document ont constitué l’une des bases du travail judiciaire engagé depuis lors.
Les gardes à vue intervenues cette semaine marquent une nouvelle étape dans la procédure. Elles doivent permettre aux enquêteurs de confronter différents éléments recueillis au cours des investigations et de préciser le déroulement des événements ayant précédé le départ de l’incendie.
Alors que les populations locales restent profondément marquées par cette catastrophe, l’enquête se poursuit afin d’établir avec certitude les causes du sinistre et, le cas échéant, de déterminer les responsabilités qui pourraient être engagées.
