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electionsvia France 24··5 min de lecture

Jean-Luc Mélenchon entre en campagne à Saint-Denis, ville symbole de sa "Nouvelle France"

Personnalités citées :Jean-Luc MélenchonBally BagayokoManuel BompardImane El HamzaouiVincent BollenotAlexis CorbièreFrançois Ruffin
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Le contexte

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), se prépare pour sa quatrième campagne présidentielle en 2027. Il a remporté la ville de Saint-Denis lors des élections municipales de mars, un lieu symbolique pour son concept de 'Nouvelle France', qui vise à évoquer les transformations de la société française depuis 1958. Ce meeting à Saint-Denis est le premier grand événement de sa campagne.

Ce qu'il faut retenir

Jean-Luc Mélenchon tiendra son premier grand meeting de campagne à Saint-Denis, une ville qu'il considère comme emblématique de sa vision de la 'Nouvelle France'. Ce concept, qui vise à aborder les évolutions sociétales en France, sera au cœur de sa stratégie pour attirer les abstentionnistes. Le meeting est attendu pour rassembler entre 8 000 et 10 000 participants, illustrant l'importance de cette ville pour sa campagne. Les insoumis cherchent à se positionner face à l'extrême droite en abordant des thèmes identitaires et en mobilisant les populations issues de l'immigration.

Ce que ça change

Ce meeting à Saint-Denis pourrait renforcer la visibilité de Jean-Luc Mélenchon et de LFI dans les banlieues, un enjeu crucial pour capter les abstentionnistes. La stratégie de la 'Nouvelle France' pourrait également redéfinir le discours politique autour de l'immigration et de l'identité en France, tout en cherchant à contrer l'influence du Rassemblement national. Les résultats de cette campagne pourraient avoir un impact significatif sur les élections à venir.

L'article complet

Source originale sur france24.com

Pour sa quatrième campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon fera dimanche son premier grand meeting à Saint-Denis, en banlieue parisienne, une ville symbolisant son concept de "Nouvelle France", censé évoquer les évolutions de la société française depuis 1958, mais aussi de la stratégie insoumise de conquête des abstentionnistes.

Jean-Luc Mélenchon ne pouvait rêver meilleure scène. En remportant en mars la ville de Saint-Denis aux élections municipales, Bally Bagayoko va lui offrir, dimanche 7 juin, une tribune symbolique pour son premier grand meeting de la campagne présidentielle 2027.

En plein air, devant la mairie et la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, Jean-Luc Mélenchon va pouvoir "faire le lien entre la 'Nouvelle France' et l'histoire de France", a expliqué le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard , à l'Agence France-Presse (AFP).

Utilisé dès 2018 par Jean-Luc Mélenchon mais réellement déployé durant la campagne des municipales, ce concept de "Nouvelle France" est au cœur de la stratégie présidentielle de La France insoumise (LFI). La formule n'est pourtant pas nouvelle en politique. Avant le quadruple candidat à la présidentielle (2012, 2017, 2022, 2027), Jacques Chirac , Lionel Jospin ou encore Julien Dray avaient en leur temps utilisé la même formule (voir vidéo ci-dessous), tout comme Arnaud Montebourg en 2011 ou Nathalie Kosciusko-Morizet en 2016.

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Les insoumis lui donnent cependant un sens qui leur est propre et qui permet de "comprendre les transformations françaises depuis 1958", selon Imane El Hamzaoui, coordinatrice de la campagne antiraciste à LFI, contactée par France 24. "Ces transformations relèvent de différents registres : il y a l'immigration, mais aussi la condition des femmes, les déplacements de la population à l'intérieur de la France, le boom des familles monoparentales, les conditions de vie de la jeunesse ou encore l'apparition d'une nouvelle classe ouvrière, notamment avec l'ubérisation du travail. La 'Nouvelle France', c'est un panorama des bouleversements qu'a connu notre pays ces 70 dernières années", précise-t-elle.

Si le concept s'étend effectivement à de nombreuses facettes de la société, c'est bien l'aspect identitaire qui a d'abord été mis en avant par les insoumis durant la campagne des municipales et qui a retenu l'attention. Le leader insoumis est d'ailleurs revenu récemment sur cette stratégie.

"J'ai proposé un concept hameçon – c'est une tactique de combat : la 'Nouvelle France'. Évidemment, quand on a commencé, on l'a abordé par l'endroit qui allait faire surréagir. C'est-à-dire qu'on a annoncé qu'il fallait se rendre compte qu'un Français sur quatre avait au moins un grand-parent qui était un immigré. Stupeur et horreur dans certains milieux !" a-t-il raconté, jeudi 4 juin, sur Radio Nova . "Dès qu'on a vu qu'on accrochait, aussitôt, on s'est déployé. C'est eux qui ont créé le débat, je les remercie et surtout je leur dis : 'Ne changez rien, continuez !'" a-t-il ajouté.

L'enjeu est double. D'une part, La France insoumise se positionne dans une logique d'affrontement avec le Rassemblement national (RN) en installant le face-à-face sur la thématique centrale de l'extrême droite : la présence en France de populations issues de l'immigration, le racisme et l'antiracisme.

Le concept de "'Nouvelle France' peut en substance être synthétisé comme un retournement du stigmate. Il s'agit de présenter sous un jour mélioratif l'état de fait de la présence en France de différentes minorités politiques – les populations racisées en particulier –, pour dépasser l'état d'oppression et les discours de haine", analyse l'historien Vincent Bollenot dans la revue Contretemps , dans laquelle il souligne par ailleurs les limites dudit concept.

Jean-Luc Mélenchon a même poussé très loin le renversement du stigmate en laissant entendre qu'il reprenait à son compte la théorie complotiste du "grand remplacement" . "Nous avons besoin d'élections municipales qui puissent être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité, de la capacité de nos listes à incarner la 'Nouvelle France', celle du 'grand remplacement', celle de la génération qui remplace l'autre, parce que c'est comme ça depuis la nuit des temps", a-t-il lancé lors d'un meeting à Toulouse le 22 janvier .

Même s'il a par la suite précisé sa pensée en expliquant qu'il parlait de "grand remplacement générationnel", l'utilisation de cette expression n'est pas anodine et souligne sa volonté d'affronter l'extrême droite sur ce terrain, les insoumis se moquant régulièrement de l'image de la "France rance" et figée dans le passé véhiculée selon eux par le Rassemblement national.

"Tout ce qu'il y a d'extrême droite s'est dit : 'Ça y est, on le tient, on va pouvoir lui coller deux maux : il est pour le grand remplacement (…) et il est communautaire'", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon sur Radio Nova, se réjouissant que le RN lui fasse "une pub d'enfer" auprès des Français issus de l'immigration "parce que eux ont compris que vous (l'extrême droite, NDLR) ne pouviez pas nous blairer et que vous ne pouviez pas les blairer".

Mais la droite, le centre et une partie de la gauche – y compris ses anciens proches Alexis Corbière ou François Ruffin – ont également accusé Jean-Luc Mélenchon d'encourager le communautarisme et d'oublier les valeurs universalistes de la France.

"LFI est le seul mouvement à inciter ces citoyens français racisés à exercer leurs droits civiques et à prétendre à des fonctions politiques. Alors qu'elles étaient à l'écart de la vie politique, des personnes racisées vont s'inscrire sur les listes électorales et participent au vote. Ce n'est pas du communautarisme. Au contraire, notre approche avec la 'Nouvelle France' est une approche républicaine. Nous formons une communauté de citoyens égaux en droits et tout le monde mérite d'être représenté", rétorque Imane El Hamzaoui.

Et c'est là où le concept de la "Nouvelle France" rejoint un autre axe de la stratégie insoumise : aller chercher les abstentionnistes des banlieues de Paris, Lyon, Marseille ou Lille. En 2022, Jean-Luc Mélenchon avait échoué à accéder au second tour à 420 000 voix près. La France insoumise a donc fait de ce qu'elle appelle le "quatrième bloc" – les 26 % d'abstentionnistes de la dernière présidentielle – sa cible principale.

Cette stratégie a déjà connu des succès. En 2022, Jean-Luc Mélenchon a obtenu des scores exceptionnels au premier tour de la présidentielle dans certaines villes de la banlieue parisienne (64 % à La Courneuve, 62 % à Garges-lès-Gonesse, 61 % à Bobigny, Saint-Denis et Trappes, 60 % à Aubervilliers). Deux ans plus tard, lors des européennes , certaines de ces villes ont davantage voté que lors du scrutin précédent, l'exemple de Saint-Denis étant incontestable avec 43,3 % de participation contre 32,6 % en 2019, tandis que La Courneuve était en nette progression avec 36,3 % de participation contre 32,2 % en 2019. Et lors des municipales 2026, LFI a remporté la première dès le premier tour et la seconde au second.

Il reste toutefois beaucoup de travail pour les insoumis, tant lutter contre l'abstention est une mission difficile. Jean-Luc Mélenchon a encore un an pour réussir son pari. Mais déjà, le meeting de Saint-Denis devrait ressembler à une démonstration de force. Entre 8 000 et 10 000 participants y sont attendus.

Texte extrait depuis l'article original sur france24.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur france24.com.

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