Des milliardaires biberonnés aux aides publiques devant Bercy. Les activistes d’Attac ont dénoncé ce mardi 2 juin les aides publiques versées aux multinationales, et notamment à celles qui pratiquent l’évasion fiscale, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
Sur le parvis de l’Accord Arena, une dizaine d’activistes, imperméables rouges sur le dos, ont brandi des pancartes à l’effigie de plusieurs dirigeants de multinationales représentés en bébé, selon eux « biberonnés aux aides publiques » , comme Patrick Pouyanné de TotalÉnergies ou Jean-Marc Chéry de STMicroelectronics. Au même moment, une dizaine de militants postés sur le toit de l’Accor Arena ont lancé des fumigènes et déroulé une banderole de 40 mètres de long : « Des milliards pour les multinationales, Bercy beaucoup ! » .
« Nous dénonçons le scandale des aides publiques mis en lumière par le Sénat » , a proclamé un militant au micro. « Il faut cesser de biberonner ces pauvres bébés » , ajoute-t-il. « Pas un euro d’aide publique pour les entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale » , réclame Raphaël Pradeau, le porte-parole de l’organisation. « 100 % des entreprises du CAC 40 ont des filiales dans les paradis fiscaux » , dénonce-t-il.
Ces actions accompagnent la publication d’une note sur le versement des aides publiques aux « multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale » . L’organisation altermondialiste affirme que plusieurs multinationales « émargent à des dispositifs de soutien tout en ayant des filiales dans les paradis fiscaux » . Attac inclut ainsi dans les paradis fiscaux des territoires et des pays non inscrits dans la liste noire de l’Union Européenne, comme la Suisse, le Luxembourg ou les Bermudes.
Selon un sondage de l’Ifop, commandé par Attac et publié mardi, 78 % des personnes interrogées pensent que « les entreprises qui utilisent des paradis fiscaux pour réduire leurs impôts ne doivent plus recevoir d’aides publiques » .
Dans un rapport publié le 8 juillet 2025, une commission d’enquête du Sénat chiffrait ces aides à 211 milliards d’euros pour l’année 2023. L’estimation du Sénat a été régulièrement brandie par la gauche pour réclamer davantage de contributions des entreprises au budget, les organisations patronales estimant pour leur part que le Sénat avait en substance mélangé les torchons et les serviettes dans ses calculs qu’elles jugeaient exagérés.
