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electionsvia Le HuffPost··4 min de lecture

L’itinéraire politique mouvant de Glucksmann, de ses débuts en 2018 à sa potentielle candidature en 2027

Personnalités citées :Raphaël GlucksmannÉlisabeth BorneOlivier FaureAurélien RousseauSacha HouliéMarguerite Cazeneuve
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Le contexte

Raphaël Glucksmann est un député européen et essayiste qui a fondé le mouvement Place Publique en 2018. Ce mouvement visait à rassembler la gauche autour d'un projet citoyen et écologiste. Depuis, Glucksmann a évolué vers une candidature potentielle à la présidentielle de 2027, modifiant son positionnement politique.

Ce qu'il faut retenir

Raphaël Glucksmann, après avoir fondé Place Publique, envisage une candidature à la présidentielle de 2027. Son parcours a été marqué par des changements de positionnement, s'éloignant des partis traditionnels de gauche. Il a récemment intégré des figures de la macronie dans son équipe, ce qui suscite des critiques au sein de la gauche. Glucksmann se défend de toute proximité avec le macronisme, affirmant qu'il n'a jamais cru à cette offre politique. Il prévoit un meeting de campagne en juin, mais rencontre des difficultés de financement.

Ce que ça change

La candidature de Glucksmann pourrait redéfinir les lignes de fracture au sein de la gauche française, en attirant des soutiens au-delà de son électorat traditionnel. Son rapprochement avec des figures macronistes pourrait également influencer les dynamiques électorales et les alliances potentielles pour 2027.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

Qui est vraiment Raphaël Glucksmann ? L’essayiste un brin idéaliste qui publie ce jeudi un nouvel ouvrage, Nous avons encore envie , le député européen remonté contre le traitement des Ouïghours en Chine ou le candidat à la présidentielle qui s’entoure d’anciennes gloires macronistes ? Sûrement un peu tout ça à la fois. Entre son plongeon dans le grand bain de la politique en 2018 et sa probable candidature à la présidentielle de 2027 , le positionnement politique de Raphaël Glucksmann a en tout cas bien changé.

Novembre 2018. Lors d’un meeting à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, il jette les bases d’un mouvement pensé comme citoyen, qui se situe hors des clivages habituels de la gauche. Avec la militante écologiste Claire Nouvian, le socialiste Jo Spiegel et l’économiste hétérodoxe Thomas Porcher, il lance alors Place Publique. À l’époque, les élections européennes se profilent et Raphaël Glucksmann plaide pour l’union de la gauche la plus large possible. Soucieux de ne « pas ajouter de la confusion à la confusion en multipliant les listes. »

Son idée, à la base, est de bousculer les partis historiques, d’impulser un récit nouveau, plus frais, de faire une place à la société civile et de s’adresser aux jeunes. À ce moment-là, Raphaël Glucksmann cartonne en librairie avec son livre Les Enfants du vide . Quelques années plus tard, c’est Lettre à la génération qui va tout changer qui plaira à une jeunesse diplômée, urbaine et plutôt politisée.

Quand il se lance, l’essayiste évite donc de se placer dans le giron immédiat du PS - encore traumatisé par le bilan de François Hollande. Écologiste, de gauche et pro-européen, son nouveau parti est souvent défini comme proche, sur le fond, d’Europe Écologie Les Verts et de Générations . Un an plus tôt, en juillet 2017, Raphaël Glucksmann était d’ailleurs présent au lancement du parti de Benoît Hamon, avec quelques ouailles de l’aile gauche socialiste. Les différences avec aujourd’hui sont flagrantes.

Désormais, Raphaël Glucksmann assume vouloir partir en solitaire à l’élection présidentielle de 2027, sans passer par la case départage. « Je ne participerai pas à un truc d’appareils qui produit une synthèse molle. Ça ne fonctionnera pas » , a-t-il par exemple asséné en mai 2025, dans les colonnes du Monde , entre autres sorties hostiles vis-à-vis de la primaire.

Entre-temps, beaucoup de ceux qui l’accompagnaient au départ ont quitté le bateau, dérangés par cette ligne mouvante. C’est le cas de Thomas Porcher, parti au bout de quelques mois, en 2019. L’économiste critique alors vertement la stratégie défendue par Raphaël Glucksmann aux européennes. « C’est une liste d’apparatchiks, pas de citoyens » , dénonce-t-il, convaincu que l’alliance avec le PS est contraire à la promesse initiale de Place Publique. À savoir, mettre les citoyens « au cœur des institutions ».

Farid Benlagha, un autre membre fondateur, évoque à la même époque une « hémorragie importante » due, selon lui, à une « organisation dont le seul objectif est de mettre en valeur un homme » , Raphaël Glucksmann. Les critiques s’accumulent, Christine Setti, référente du mouvement à Marseille, dénonce à son tour « une gouvernance trop jacobine. »

Rebelote en 2024, lors de la naissance du Nouveau Front populaire. C’est alors une autre figure de Place Publique qui claque la porte, Anaïta David, la co-référente des jeunes du parti en critiquant les interviews « désolantes » de Raphaël Glucksmann qui « tape sur tous les chefs de partis. Tout le monde a un peu oublié qu’on a été créé pour faire l’union de la gauche. »

Outre ces questions de méthode, déterminantes avant 2027, le positionnement idéologique du désormais prétendant à l’Élysée semble également avoir changé. Si les grandes lignes sont les mêmes, sociale et pro-européenne, le parlementaire ne cherche plus à s’adresser seulement à l’électorat de gauche, repoussant même certaines de ses formations, pour assumer plus ou moins, une châsse en terres macronistes.

Il a par exemple recruté Aurélien Rousseau, l’ancien directeur de cabinet d’Élisabeth Borne (avec qui il a préparé la réforme des retraites portant l’âge légal de départ à 64 ans), Sacha Houlié, certes membre de « l’aile gauche » de la macronie mais député du camp présidentiel jusqu’en 2024, ou encore Marguerite Cazeneuve, que la presse présente comme l’une des chevilles ouvrières de la première réforme des retraites d’Emmanuel Macron.

Autant de prises qui se transforment en arguments faciles pour ses contempteurs, en partie à la France insoumise, qui ne manquent aucune occasion de repeindre Raphaël Glucksmann en « nouveau Macron » . Plus significatif, même au sein du PS, son positionnement et certaines de ses déclarations font tousser. Olivier Faure rappelle parfois en privé que Raphaël Glucksmann est plus « démocrate » que « social » , une façon de le faire quitter le giron de la gauche. Quant aux Écologistes, rares sont ceux à soutenir son entreprise. Une responsable de premier plan l’a regardée au « 20 heures » de TF1 mardi soir. Verdict : « C’était très laborieux, il n’y avait rien de naturel » , note-t-elle auprès du HuffPost .

Conscient des risques induits par cette comparaison, le principal intéressé se défend lui de toute proximité avec le locataire de l’Élysée. « Si j’avais cru au macronisme, j’aurais rejoint le macronisme » , a-t-il affirmé ce 27 mai sur France Inter. Ajoutant : « Si j’ai refusé leurs avances, leurs propositions, depuis le début, avant même qu’ils ne prennent le pouvoir, c’est parce que fondamentalement, je n’ai jamais cru à cette offre politique » .

Après la publication de son livre, Raphaël Glucksmann tiendra un premier meeting de campagne le 13 juin aux Docks Aubervilliers. Selon nos informations, le très probable candidat (il se laisse trois mois pour se lancer officiellement) a du mal à financer cet événement, la campagne de levée de fonds qu’il a lancée n’ayant pas atteint l’objectif initialement fixé. Une fois la route tracée, elle reste jonchée d’obstacles.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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