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Alors que les prévisions financières de l’assurance-chômage se dégradent, l’Unédic anticipe des pertes de 2,3 milliards d’euros en 2026, un résultat qui prend en compte un prélèvement de l’État de 4,1 milliards.
L’assurance-chômage a appelé mercredi l’État à renoncer à tout nouveau prélèvement afin d’être en mesure de poursuivre sa trajectoire de désendettement, face à des prévisions financières dégradées. En 2026, l’ Unédic prévoit des pertes de 2,3 milliards d’euros, contre 2,1 milliards en mars, un résultat qui prend en compte un prélèvement de l’État de 4,1 milliards, selon un communiqué.
Pour 2027, l’assurance-chômage dégagerait un excédent de 2,1 milliards, contre 2,8 milliards anticipés en mars, et de 4 milliards en 2028, contre 4,8 milliards prévus précédemment. Le gouvernement avait décidé de prélever au total 12 milliards d’euros sur l’assurance-chômage entre 2023 et 2026. L’Unédic doit également financer en partie le fonctionnement de France Travail et a dû supporter à hauteur de 18 milliards d’euros des mesures d’urgence décidées par l’État au moment de la pandémie de Covid-19.
Fin 2026, l’endettement de l’Unédic atteindrait 61,5 milliards d’euros, avant de reculer à 59,4 milliards fin 2027 et à 55,4 milliards fin 2028. «Sans les prélèvements de l’État, la dette aurait été de 43,4 milliards fin 2028» , précise l’Unédic. «Les organisations syndicales et patronales gestionnaires de l’Unédic alertent sur les risques du recours accru à l’endettement, dans un contexte de taux élevés, notamment pour financer jusque-là les charges liées aux décisions étatiques passées» , souligne le communiqué.
Alors que le gouvernement cherche à faire des économies dans le cadre de la préparation du budget pour 2027, «elles appellent à restaurer un financement stable et lisible dans la durée, afin de permettre à l’ assurance-chômage de remplir pleinement son rôle d’amortisseur économique et social, spécifiquement lors de futures crises» , poursuit le texte. L’Unédic fait valoir que «la dette de l’assurance-chômage résulte en grande partie de décisions exogènes, sans concertation avec les organisations syndicales et patronales gestionnaires qui en assurent le pilotage, pour des financements allant au-delà de ses fondamentaux» . L’équilibre financier de l’Unédic, financée par les cotisations patronales, est aussi affecté par le recul de l’emploi salarié dans le secteur privé, qui a perdu 55.000 postes en 2025 et devrait en perdre autant cette année.