Aller au contenu principal
Toute l'actualité
economievia Challenges··2 min de lecture

Travail, pauvreté, salaires : ce que révèle le premier bilan de la prime d’activité

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Emmanuel MacronBruno Retailleau
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

La prime d'activité a été instaurée en 2015 pour encourager le travail et soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs modestes. La Cour des comptes a récemment évalué son efficacité, en collaboration avec des économistes, pour déterminer son impact sur l'économie et les bénéficiaires.

Ce qu'il faut retenir

La Cour des comptes a conclu que la prime d'activité a réussi à rendre le travail plus rémunérateur que l'inactivité. Elle a également soutenu le pouvoir d'achat des travailleurs modestes, notamment grâce à une revalorisation en 2019. Cependant, le coût pour les finances publiques est élevé, et près de 30 % des bénéficiaires potentiels ne perçoivent pas cette aide. De plus, la prime pourrait contribuer à la 'smicardisation' de l'économie française, décourageant les augmentations de salaire.

Ce que ça change

L'évaluation de la prime d'activité soulève des questions sur son efficacité à inciter au retour à l'emploi et sur son impact sur les salaires. Cela pourrait amener le gouvernement à revoir cette politique pour mieux répondre aux besoins des travailleurs et des finances publiques.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

Avec l’aide d’économistes, la Cour des comptes a tiré le bilan de cette mesure créée en 2015. Sa conclusion ? Elle est généreuse, mais pas assez incitative.

C’est une première. La Cour des comptes, épaulée par des économistes de l’Institut des politiques publi­ques, s’est penchée sur les effets de la prime d’activité . Et le constat des magistrats est sans ambiguïté : le dispositif créé il y a dix ans a bien rempli sa mission initiale, celle de faire en sorte que le travail rapporte davantage que l’inactivité. Pour illustrer leur démonstration, les sages de la rue Cambon prennent l’exemple d’une personne seule, locataire et rémunérée au smic. Son gain financier atteint environ 660 euros par rapport à une situation d’inactivité. De quoi contredire les responsables politiques, le président LR Bruno Retailleau en tête, qui continuent de soutenir que l’inactivité est parfois plus rémunératrice que le travail.

La deuxième grande réussite du dispositif est son rôle de soutien au pouvoir d’achat des travailleurs modestes. Encore davantage depuis la spectaculaire revalorisation décidée par Emmanuel Macron en 2019 pour tenter d’éteindre la colère des « gilets jaunes ». Cette augmentation a permis aux smicards de voir leur pouvoir d’achat progresser de 8,7 % entre 2017 et 2022 et a contribué à réduire le taux de pauvreté de 1,3 point en 2021.

L’impact est particulièrement marqué pour les familles monoparentales. Revers de la médaille, cette politique a un coût élevé pour les finan­ces publiques à hauteur de 10,6 milliards d’euros pour 4,81 millions de bénéficiaires en 2024.

Autre bémol de taille : l’effet de la prime d’activité sur le retour à l’emploi est difficile à mettre en évidence. Il faut dire que la prestation reste mal connue. Selon une enquête Ipsos réalisée pour la Cour des comptes, près de 80 % des bé­néficiaires interrogés affirment même ne pas en tenir compte dans leurs choix professionnels.

Le taux de non-recours à la prime d’activité demeure important : près de 30 % des bénéficiaires potentiels ne la perçoivent pas. « C’est l’un des axes d’amélioration, souligne Stéphane Carcillo, chef de la division emploi et revenus de l’OCDE. Il faudrait que les Français puissent mieux visualiser le gain financier associé à la reprise d’un emploi, par exem­ple grâce à des simulateurs sur le site de France Travail. »

Mais le principal effet pervers est ailleurs. Parce qu’elle est concentrée sur les bas revenus, la prime d’activité peut contribuer au phénomène de « smicardisation » de l’économie française . Une hausse de salaire se traduisant mécaniquement par une diminution de la prime, éventuellement d’autres aides et à l’inverse une augmentation des cotisations patronales et l’impôt sur le revenu. « Au total, le salarié et l’employeur sont faiblement incités à une augmentation du salaire brut puisque le gain net pour le salarié sera très faible », explique Stéphane Carcillo. Une mécanique à revoir dans les années à venir.

« Nous permettons aux Français de participer à l’effort de guerre »

Les dérapages financiers se poursuivent au ministère de la Culture

Face à Vinted, Temu et Shein, Leboncoin change de cap et de patron

Texte extrait depuis l'article original sur challenges.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur challenges.fr.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.