La bataille se jouera devant la justice administrative. Le concert organisé par La France insoumise dimanche prochain place de la République, à Paris, dans le cadre de la Fête de la musique , a été interdit ce mercredi 17 juin par la préfecture de police.
Prévu comme un événement gratuit et ouvert au public, le rendez-vous devait réunir plusieurs artistes ainsi que des personnalités proches de la gauche radicale et des mouvements antiracistes. Mais à quelques jours de sa tenue, le préfet de police de Paris , Patrice Faure, a décidé d’en empêcher l’organisation.
Dans un arrêté publié mercredi soir, la préfecture estime que certaines des personnalités annoncées sont susceptibles d’alimenter des tensions ou de provoquer des troubles à l’ordre public.
Pour justifier sa décision, le préfet cite notamment la participation du Comité Adama et de sa fondatrice Assa Traoré, ainsi que celle du rappeur Médine.
Dans son arrêté, la préfecture considère que le Comité Adama développe un discours hostile aux forces de l’ordre. Elle évoque notamment le slogan « tout le monde déteste la police » , régulièrement repris lors de certaines manifestations. Concernant Médine, l’administration lui reproche des prises de position qu’elle juge susceptibles d’inciter à la haine.
Au-delà des personnes invitées, la préfecture estime que le contexte politique actuel accroît les risques de tensions autour de l’événement. Elle écrit ainsi que « cet évènement risque d’attirer un public hostile aux forces de l’ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence envers les institutions » .
Le préfet souligne également que ce concert est organisé « dans un contexte politique très polarisé » et estime que cette situation peut favoriser des affrontements.
La réaction de La France insoumise fut immédiate. Quelques minutes après la publication de l’arrêté, le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard, a annoncé un recours devant le tribunal administration afin d’obtenir la suspension de l’interdiction.
« Cette décision de dernière minute, prise sous la pression de groupes et d’individus se déclarant publiquement hostiles à la France insoumise, est un privilège accordé à l’arrogance et au sectarisme », écrit-il sur X. Manuel Bompard dit « alerter solennellement sur les dangers que fait peser sur le déroulement de la prochaine élection présidentielle ce type de pratiques autoritaristes qui cherchent à instrumentaliser les problématiques de maintien de l’ordre à des fins politiques » .
Le député demande également au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, « de prendre les dispositions nécessaires pour garantir une campagne présidentielle libre et équitable » .
Jean-Luc Mélenchon est allé encore plus loin. Sur le réseau social X, l’ancien candidat à la présidentielle a dénoncé « un scandale démocratique grave en période électorale » .
Le leader insoumis affirme que l’interdiction a été décidée « à la demande du président du Crif Yonathan Arfi et du maire PS de l’arrondissement Paris Centre » , Ariel Weil. Selon lui, « cette décision de dernière minute a été prise sous la pression de groupes et d’individus se déclarant hostiles à la France insoumise » .
