Emma Rafowicz, députée européenne PS, le 25 avril 2026. - Photo par LOU BENOIST / AFP
Des élues socialistes plaident pour une gestation pour autrui (GPA) "féministe", qui serait "démarchandisée, strictement encadrée, où l'État s'interpose comme tiers garant de la dignité et du consentement".
Les élues, dont l'eurodéputée et porte-parole du Parti socialiste Emma Rafowicz, la sénatrice Corinne Narrassiguin et les députées Anna Pic et Dorine Bregman, soulignent dans le journal Libération que "bien que la gestation pour autrui soit prohibée en France, son interdiction est un leurre. Celles et ceux qui en ont les moyens peuvent avoir recours à la GPA à l'étranger".
Le débat sur la GPA a été relancé par l'ancien Premier ministre et candidat (Renaissance) à la présidentielle, Gabriel Attal , qui avait invité à ne pas "l'occulter", provoquant aussitôt une levée de boucliers.
Une quinzaine de personnalités politiques de tous bords, emmenées par la ministre chargée de l'Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, avaient signé une tribune contre la GPA, y compris quand elle est qualifiée d'"éthique".
"Sortir de l'hypocrisie suppose de répondre, sans se dérober, aux questions que l'interdit nous permet d'éviter", écrivent les signataires, qui considèrent qu'une "voie féministe existe".
Elles préconisent de "garantir une fois pour toutes la filiation et la sécurité des enfants et combattre la marchandisation du corps des femmes".
"Il faut aussi protéger la liberté et la santé de celle qui porte l'enfant, exclure toute transaction financière directe entre des parents et celle qui les aide, et veiller à la prise en charge complète de tous ses besoins (médicaux, juridiques, psychologiques...) avant, pendant et après la grossesse par la sécurité sociale", écrivent-elles.
Enfin, elles proposent que "la filiation soit établie en amont par une décision de justice, et non par un contrat, et que l'accès n'en soit refusé à personne en raison de son orientation sexuelle ou de sa situation conjugale", ce qui signifie que "l'Etat doit réguler, encadrer et protéger, à rebours d'un modèle libéral qui laisse libre cours à toutes les dérives".
