Ce vendredi 5 juin, le géant mondial de l’industrie optique a inauguré l’extension majeure de son site de Périgny, dans l’agglomération rochelaise. Une usine 4.0 érigée en modèle absolu
U n vaste bâtiment blanc de 14 000 m² qui s’ouvre sur la plaine céréalière, à Périgny. Derrière cette façade épurée se trouve l’un des atouts les plus précieux du groupe allemand Zeiss. Sa nouvelle usine d’implants intraoculaires destinés à soigner la cataracte est passée le mois dernier en vitesse de croisière. La concrétisation d&rsquo...
U n vaste bâtiment blanc de 14 000 m² qui s’ouvre sur la plaine céréalière, à Périgny. Derrière cette façade épurée se trouve l’un des atouts les plus précieux du groupe allemand Zeiss. Sa nouvelle usine d’implants intraoculaires destinés à soigner la cataracte est passée le mois dernier en vitesse de croisière. La concrétisation d’un projet à 67 millions d’euros qui a vu passer le site de 5 000 à 14 000 m² avec un objectif clair : produire 600 000 implants par an, et à terme, tripler les capacités.
L’État et les collectivités ne boudent pas leur plaisir. Il faut dire que le projet a des airs de cas d’école. Au lieu de s’implanter en Chine ou de se replier sur l’Allemagne, la multinationale aux 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires a choisi la façade atlantique. Une victoire symbolique et économique pour le ministre des PME, le Rochelais Serge Papin, présent pour l’occasion à l’inauguration, vendredi 5 juin : « Je vois une entreprise qui contribue, concrètement, à la souveraineté européenne. C’est le pari de l’automatisation, de la recherche, de la technologie, de l’emploi qualifié. »
Pour le territoire, la greffe a pris au-delà des espérances. Si Zeiss est présent depuis 2005, c’est seulement il y a six ans que le groupe s’est mis à rêver en grand pour son site pérignacien. En quatre ans, les effectifs ont doublé pour atteindre aujourd’hui 300 salariés.
Cette usine ultramoderne préfigure l’industrie de demain. Connectée et pilotée par l’analyse des données, elle intègre des unités robotisées de pointe. « Ce site symbolise clairement l’avenir de la technologie médicale », appuie Stefanie Spanagel, directrice des opérations pour la branche technologie médicale de Zeiss. « Grâce à ce haut degré d’automatisation, nous posons les bases pour offrir des soins ophtalmologiques de haute qualité aux patients du monde entier. La Rochelle constitue un maillon essentiel de notre production mondiale. » Les lentilles fabriquées ici s’exporteront ainsi vers l’Europe, les États-Unis et la Chine.
Pour les élus locaux, cette inauguration valide une stratégie de long terme. « Nous croyons que l’industrie du XXI e siècle sera une industrie de précision, de santé, de haute technologie et qu’elle a sa place, ici, dans un territoire qui veut allier compétitivité et qualité de vie », défend Olivier Falorni, nouveau président de l’Agglo de La Rochelle. En cela, il s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur Jean-François Fountaine, dont les équipes ont accompagné le projet. La Région a également apporté sa pierre à l’édifice.
Ce succès est aussi présenté comme le fruit d’un coup de pouce décisif de l’État via le Plan France 2030, qui a injecté plus de 8 millions d’euros en subventions et avances remboursables. Rappelant les 93 milliards d’investissements étrangers récemment annoncés au sommet Choose France , le préfet Brice Blondel a salué « un climat des affaires propice à l’initiative économique ».
À Périgny, la mondialisation n’est plus une menace de délocalisation, mais une promesse d’exportation.
