Charles Alloncle le 5 mai 2026 à l'Assemblée nationale - Amaury Cornu / Hans Lucas / Hans Lucas
Fin de l'histoire dans les couloirs de l'Assemblée. Le 21 mai dernier, Paris Match avait dévoilé sur son site des photos du député Charles Alloncle (Union des droites), dont la présence médiatique a explosé ces derniers mois par son rôle de rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public . On l'y voit aux côtés de "sa compagne" pour "un moment de détente" dans les rues de Paris.
Problème: celle que l'hebdomadaire présente comme sa conjointe apparaît sur le site de l'Assemblée comme sa collaboratrice parlementaire. Pourtant, depuis la loi pour la confiance dans la vie politique qui date de 2017, il est interdit à un parlementaire "d'employer" "son "conjoint, partenaire lié par un pacs ou un concubin". Dans la foulée, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait annoncé saisir le déontologue de l'institution .
D'après des informations du Parisien confirmées par BFM, ce dernier a établi l’absence de manquement dans la situation du député avec sa collaboratrice. Charles Alloncle et son assistante parlementaire ne sont en effet ni mariés, ni pacsés et n'ont donc pas le statut de conjoint défini par la loi.
Ils n'entretiennent pas non plus de relation de concubinage, défini par le Code civil comme "une union de fait entre deux personnes, caractérisée par une vie commune stable et continue".
Contacté dans la foulée des photos publiées par Paris Match, Charles Alloncle nous avait expliqué ne "pas être du tout en tort" .
Charles Alloncle tout comme sa collaboratrice ont été contactés cette semaine par le déontologue de l'Assemblée nationale. Ils ont chacun dû communiquer des documents pour démontrer l'absence de vie commune comme des factures établissant qu'ils ne vivent pas au même endroit par exemple.
Yaël Braun-Pivet va désormais suivre les recommandations du déontologue. Face à l'absence de fait qui ne respecterait pas la loi, la présidente ne va donc pas saisir le bureau de l'Assemblée nationale.
Charles Alloncle, qui a annoncé son intention de poursuivre Paris Match qu'il accuse "d'avoir violé sa vie privée", peut donc être soulagé. Le jeune homme, qui a commencé en politique comme président des Jeunes avec Sarkozy, a connu une ascension express ces derniers mois.
Le député s'était mis en scène à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux pendant toute la durée de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, lui permettant de passer le mur du son médiatique.
La commission avait été lancée dans la foulée de la foulée de la polémique autour des deux journalistes du service public Thomas Legrand et Patrick Cohen . Les deux hommes étaient accusés de connivence avec les socialistes pour faire perdre Rachida Dati aux municipales à Paris, après la diffusion d'une vidéo filmée à leur insu avec des responsables du PS.
Les échanges avaient souvent été vifs également entre le président de la commission d'enquête Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et Charles Alloncle. À plusieurs reprises, le député Horizons avait accusé son collègue de transformer les auditions "en tribunal médiatique" .
Sans que cela ne l'empêche de parvenir à faire adopter à l'arraché son rapport par la commission d'enquête après une réunion sous haute tension . Une victoire qui lui a permis de se rendre incontournable à l'extrême droite.
Autant dire que la décision du déontologue a tout d'une très bonne nouvelle, qui pourrait lui permettre d'avoir une place d'importance dans l e dispositif de campagne du Rassemblement national à la présidentielle.
