Le gouvernement envisage une baisse de 88 % des dotations attribuées à la formation et à l’apprentissage, levée de boucliers de régions de France
D éclencher un incendie en pleine canicule , c’est la prouesse qu’est en train de réaliser le gouvernement en prévoyant des coupes drastiques dans le budget de la formation et de l’apprentissage. Jeudi soir, les présidents des Régions de France, en première ligne sur le sujet, sont tombés de leur chaise.
Au détour d’une commission de Régions de France, par une confidence du Cabinet du ministère du Travail et de l’Apprentissage, ils découvrent la volonté de passer de 134 millions d’euros de dotations aux régions à 33 millions d’euros. Soit une baisse de 101 millions d’euros pour l’apprentissage et la formation professionnelle. 101 millions d’euros en moins pour le prochain budget. Un violent coup de rabot qui succède à un premier, l es financements transférés aux Régions avaient déjà été divisés par deux pour 2026, passant de 268 à 134 millions d’euros .
« L’État a choisi de sacrifier l’apprentissage, donc de sacrifier notre jeunesse », se désole Karine Desroses, vice-présidente de la Région en charge de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’emploi. Pour la Nouvelle-Aquitaine la contribution de l’État va passer de 40 millions à 5 millions d’euros en l’espace de deux ans… Une cinquantaine de projets en cours dans la région pourraient être impactés : « Une décision inattendue incompréhensible et irresponsable », considère celle qui est par ailleurs Présidente de la chambre des métiers et de l’artisanat de la Vienne.
Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine abonde : « Cette décision brutale, sans concertation, illustre une nouvelle fois le mépris de ce Gouvernement pour les territoires et les acteurs de terrain. Elle traduit un choix clair : centraliser, austériser, et s’en remettre aveuglément aux tableaux Excel de Bercy, au détriment des jeunes, de l’ascenseur social, des filières économiques, et de la cohésion territoriale. Depuis Paris, des arbitrages technocratiques viennent balayer des années de travail local, co-construit au plus près des besoins. Une fois de plus, l’État impose des compétences sans en donner les moyens .
C’est tout l’équilibre de la formation professionnelle qui se trouve ainsi en péril : « Nous sommes battus pour imposer l’apprentissage comme voie d’excellence. 50 % des artisans vont partir la retraite dans dix ans. Si on ne forme plus d’apprentis, qui va reprendre ces entreprises ? » interroge Karine Desroses. L’association des régions de France a sonné le branle-bas de combat et demande une réunion d’urgence avec Sébastien Lecornu pour éviter que l’incendie ne se propage. « Cette décision va à l’encontre des besoins des apprentis et des entreprises alors que la croissance ralentit, que le chômage augmente et qu’il nous faut renforcer l’investissement dans les compétences. Le redressement de la France par la production et les régions, ne peut se passer d’un secteur de l’apprentissage vigoureux et correctement financé », estime Carole Delga, présidente de l’association des régions de France.
