Invités de "Tout est politique" vendredi 29 mai, Hakim El Karoui, essayiste et expert associé chez Terra Nova, et Guillaume Hannezo, économiste et professeur associé à l'ENS, présentent leur nouveau livre, "Sans Eux - La France sans les immigrés". Une dystopie où Philippe de Villiers serait élu président en 2027, à la tête d'un gouvernement de droite et d'extrême droite anti-immigration.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Myriam Encaoua : Vous aviez déjà fait une dystopie, une fable dystopique sur Marine Le Pen présidente. C'était passionnant, c'était parfois aussi assez terrifiant. Et là, c'est la même chose, sauf que Marine Le Pen, dans cette nouvelle dystopie, ne peut pas se présenter , tout comme Jordan Bardella. Et c'est Philippe de Villiers qui va être élu à l'Élysée. Pourquoi déjà la dystopie ? Pourquoi essayer de rendre réel ce scénario d'une France sans immigrés, qui fermerait ses frontières ? Vous prenez au mot certains candidats en appliquant à la lettre leur programme.
Guillaume Hannezo : La dystopie, c'est ce qui permet de faire toucher le réel quand plus personne n'écoute les chiffres, les arguments, les rapports. Cette dystopie-là est un peu différente de la précédente. La précédente, c'est une chronique politique d'un RN arrivé au pouvoir et qui gérait ses contradictions. Celle-là, c'est plutôt le politique qui est à l'arrière-plan. Le cadre, c'est le cadre de la vie des gens, et c'est plutôt un polar. Un polar qui a lieu dans une France où on n'a pas chassé tous les immigrés. On a simplement appliqué une à une des dispositions, qui toutes sont déjà rédigées, qui ont été présentées dans différents projets de loi par le Rassemblement national, par les amendements à la loi Immigration, par l'Union des droites, et qui quelquefois ont été proposés sans être complètement rédigés, pour les plus extrêmes.
D'ailleurs, il y a plein de notes de bas de page. C'est un scénario, une dystopie, mais ça renvoie à des documents précis.
Dans cet environnement-là, ce qu'on a réussi à faire, ce n'est pas à renvoyer les immigrés, parce que les pays ne les reprennent pas. Donc on ne les a pas renvoyés, on a rendu la vie impossible, aux immigrés, et assez largement, aux Français d'origine immigrée. On a rendu la vie impossible de sorte qu'ils partent. Enfin, pas tous, mais beaucoup partent, et plutôt ceux qui ont le choix, c'est-à-dire plutôt ceux dont on a le plus besoin, parce que les autres pays européens, qui sont entrés plus tôt que nous dans l'hiver démographique, parce qu'ils ont arrêté de faire des enfants plus tôt que nous, se sont aperçus qu'ils en avaient besoin, et font – même ceux qui sont dirigés par l'extrême droite – ce qu'il faut pour attirer les immigrés les plus qualifiés.
Le scénario, c'est l'Union des droites, ce que vous réalisez. Et ce Philippe de Villiers, qui, au fond, décide de se présenter par l'intermédiaire, ou sous l'influence, de Vincent Bolloré. Vous avez Philippe de Villiers élu en 2027, et Bruno Retailleau à Matignon. Au passage, vous avez François-Xavier Bellamy à l'Intérieur, Sébastien Chenu au ministre de la Guerre, Marion Maréchal à la Régénération morale et à la Réussite des meilleurs, Éric Zemmour à la Culture, et j'en passe. Cet attelage-là, c'est l'Union des droites. Et celle-là, elle est possible ?
Hakim El Karoui : Celle-là est tout à fait possible. Pour une raison simple, c'est que les électeurs de droite, en tout cas les militants LR, sont prêts à l'Union des droites. Et puis, idéologiquement, et notamment sur cette question, le groupe LR de Bruno Retailleau a exactement le même programme que le Rassemblement national, qui s'incarne dans ce qu'ils appellent le référendum sur l'immigration, qui n'est pas un référendum sur l'immigration, qui est un référendum pour changer la Constitution sans respecter la règle de la Constitution, et pour sortir la France de la hiérarchie des normes européennes, notamment sur les grands textes fondamentaux qui lui donnent ses valeurs républicaines.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
Voici comment voir le concert d’Aya sans payer
"C'est un acte militant" : le restaurant bas carbone du chef engagé Josselin Marie
Gilles Lellouche réagit à la polémique causée par une question sur le RN
Les jeux vidéo violents, t’en penses quoi ?
Cannes 2026 : Virginie Efira sous le choc après son Prix d'interprétation
Pascal Obispo : "Nous, les artistes, sommes des résistants"
"Mettez fin à ce carnage" : le lauréat russe du Grand Prix du Festival de Cannes interpelle Vladimir Poutine
"Fjord" Palme d'or, Virginie Efira primée... Le palmarès complet du Festival de Cannes 2026
Cannes 2026 : la chienne Yuri remporte la Palme Dog
Cannes 2026 : "Fjord", "Hope"... Quels coups de cœur pour la Palme d'or ?
Cannes 2026 : cette enfant de 11 ans vole la vedette à Monica Bellucci
Cannes 2026 : l'ambiance déjantée avant la dernière Séance de minuit
Festival de Cannes : qui sont les "chasseurs d'invitations" ?
La montée des marches la plus barrée du Festival de Cannes
L'affaire Patrick Bruel secoue aussi le Festival de Cannes
Ces jeux de société qui appartiennent à Bolloré
Les images de "La Caverne du Pont-Neuf" à Paris, installation monumentale de l'artiste JR
Eurovision 2026 : le président de la télévision publique moldave démissionne à cause des votes
Boycotté par Hollywood, l’acteur Kevin Spacey monte les marches du Festival de Cannes
Pedro Almodóvar brise "le silence" contre "les monstres que sont Trump, Netanyahou et Poutine"
Trois concerts de Patrick Bruel annulés au Québec
Cannes 2026 : l'émouvant retour de Ken Loach sur le tapis rouge
"The Mandalorian and Grogu", le grand retour de Star Wars au cinéma
Cannes 2026 : Javier Bardem dénonce les violences faites aux femmes
Pourquoi Canal+ se fait huer au Festival de Cannes ?
Cannes 2026 : Léa Seydoux, Sharon Stone et Demi Moore font sensation sur le tapis rouge
Dans l'univers graphique du réalisateur Michel Ocelot
