Le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou était l'invité politique du jeudi 28 mai sur franceinfo. Il s'est exprimé sur les conséquences de la reprise de la guerre au Moyen-Orient et sur l'épisode de chaleur inédit qui traverse la France au mois de mai.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
France Télévisions : Avant qu'on ne parle de la canicule, il y a les hostilités qui reprennent, ce matin, au Moyen-Orient, malgré le cessez-le-feu, avec des frappes américaines et des répliques iraniennes. Est-ce que cette possible reprise de la guerre vous inquiète ?
Jean-Pierre Farandou : On est forcément préoccupé quand on voit la reprise des conflits. Après, on savait que ce conflit allait durer. Le Premier ministre l'a clairement exprimé la semaine dernière. Donc on s'est organisé pour gérer au mieux les conséquences de cette crise qui arrive dans notre pays au plan économique. On a pris des mesures jusqu'à la fin août et pendant l'été, on verra où on en est. On prendra, s'il le faut, des mesures pour aller jusqu'à la fin de l'année.
Les prix à la pompe pourraient flamber à nouveau avec une éventuelle reprise de la guerre et des hostilités. Ça aussi, sur le pouvoir d'achat, ça vous inquiète pour les Français ? Durant l'été, les Français vont-ils pouvoir partir en vacances ?
On a pris des mesures pour ça effectivement. On continue à favoriser le travail et les travailleurs dans les secteurs les plus touchés par la crise, avec des mesures qui permettent de baisser le coût du carburant pour ces entreprises. Aider les entreprises, c'est aider les salariés et maintenir l'emploi. Et il y a les mesures pour les gros rouleurs, des mesures pour les aides à domicile. Donc, un ensemble de mesures qui permettent aux Français, à la fois qui travaillent et les plus défavorisés, d'avoir des aides pour faire en sorte que ce coût du carburant soit un peu amorti pour leur budget familial.
Sur la canicule, il y a cette réunion de crise cet après-midi autour du Premier ministre à Matignon. Vous serez présent en tant que ministre du Travail. Les Français qui suffoquent depuis plusieurs jours, depuis le début de la semaine, que peuvent-ils attendre de cette réunion ? Quelles sont les annonces qui vont être faites ?
Je crois que le Premier ministre souhaite effectivement qu'on soit endurants et organisés, parce qu'on est surpris par ces températures fin mai, mais on a connu des températures élevées dans notre pays depuis plusieurs années. Mais l'été arrive, donc il faut s'organiser dans la durée. En ce qui concerne le travail, bien sûr, on a une pensée pour les travailleuses, les travailleurs qui sont confrontés à des chaleurs importantes. Les entreprises s'organisent, on a tout un système de plan, il y a un décret qui est paru l'année dernière. À partir des alertes météo, jaune, orange ou rouge, les entreprises savent ce qu'elles doivent faire pour protéger les salariés de ce risque professionnel qui consiste à travailler quand il fait très chaud.
Vous allez faire des propositions notamment aux travailleurs qu'on appelle de l'extrême, les travailleurs de l'extérieur, le BTP, le bâtiment, les agriculteurs. Est-ce que vous allez organiser peut-être des déplacements, vous rendre à leur chevet ou carrément faire des propositions à l'issue de cette réunion de crise de cet après-midi ?
Je vais regarder avec attention ce qui se passe en matière de santé au travail pour les travailleurs exposés aux grandes chaleurs. Le BTP a des systèmes très performants puisque les entreprises du BTP n'hésitent pas à arrêter les chantiers quand il fait très chaud. C'est la meilleure décision à prendre, c'est la prévention. Ils ont un système de caisse, ils mutualisent ce risque-là puisque les salariés sont payés même s'ils ne travaillent pas.
Vous appelez à un arrêt des chantiers quand il fait trop chaud ? Est-ce que le ministre du Travail dit ça aujourd'hui ?
Le ministre du Travail dit que les entreprises prennent leurs responsabilités, savent prendre leurs responsabilités. Je vous parlais du BTP, où les entreprises sont les plus exposées. Quand on travaille à l'extérieur, bien évidemment, les entreprises du BTP n'hésitent pas à arrêter les chantiers. Elles ont un système de caisse mutualisé. C'est les entreprises qui paient par la cotisation, ça ne coûte rien aux contribuables. On voit bien le sens des responsabilités des entreprises. C'est un risque professionnel important. Il est géré dans la politique de prévention des risques.
Le gouvernement est sous le feu des critiques des oppositions, notamment de la gauche, qui parle d'impréparation du gouvernement par rapport à ces épisodes de canicule, et notamment cet épisode précoce de forte chaleur. Les termes de la réunion de tout à l'heure à Matignon, c'est en effet l'anticipation des épisodes à venir durant l'été. Sauf que là, les Français souffrent actuellement. C'est ça que la gauche vous reproche. Est-ce qu'il n'y a pas une impréparation ou un retard à l'allumage dans la gestion de cette crise et de cette canicule ?
On connaît les grandes chaleurs. Ce n'est pas la première fois qu'on a chaud dans le pays. C'est la première fois qu'il fait aussi chaud au mois de mai. Mais les deux, trois, quatre années précédentes, j'étais président de la SNCF, on a anticipé les canicules, donc les dispositifs anti-canicule existent. Il y a un dispositif qui a été renforcé l'année dernière par des décrets qui ont été pris en 2025, qui renforce les obligations faites aux entreprises. Je le redis une nouvelle fois, les entreprises savent ce qu'il faut faire quand il fait chaud et elles l'ont déployé puisqu'il y a des alertes météo. Dès qu'elles sont prévenues que les températures montent, les entreprises mettent en place des plans anti-canicule.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
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