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gouvernementvia Challenges··4 min de lecture

Voitures électriques à 50 euros par mois : le plan surprise du gouvernement pour le nouveau leasing social

Personnalités citées :Maud BregeonSébastien LecornuStéphanie Rist
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Le contexte

Le gouvernement français a mis en place un dispositif de leasing social pour faciliter l'accès à des véhicules électriques à loyer modéré, en réponse à la hausse des prix des carburants. Ce programme vise principalement les ménages à faibles revenus et les professionnels tels que les aides à domicile. Le leasing social a été initialement limité aux voitures neuves, mais une extension aux véhicules d'occasion est en cours de préparation.

Ce qu'il faut retenir

Le gouvernement a annoncé l'extension du leasing social aux voitures électriques d'occasion, avec un lancement prévu pour le 1er juillet. Ce dispositif, financé par 400 millions d'euros des Certificats d'Économie d'Énergie, vise à proposer des véhicules à des loyers modérés, notamment pour les aides à domicile et autres professionnels à faibles revenus. Les conditions d'attribution restent à préciser, mais l'objectif est de rendre ces véhicules accessibles à un plus grand nombre de ménages.

Ce que ça change

Cette initiative pourrait significativement améliorer l'accès à des véhicules électriques pour les ménages à faibles revenus, réduisant ainsi leur dépendance aux carburants fossiles. Cependant, des questions subsistent quant à la viabilité économique du projet et à la capacité des distributeurs à proposer des loyers aussi bas que 50 euros par mois.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

Le leasing social ayant fait des déçus, l’annonce de son extension aux voitures électriques d’occasion — et plus seulement aux neuves — soulève de grands espoirs. A ce jour cependant, on ignore les détails d’un dispositif qui semble réservé à la profession d’aide à domicile.

Le 18 avril dernier, la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon confirmait que le coup d’envoi de la « nouvelle offre de véhicules électriques à loyer modéré », dit leasing social, serait donné le 1er juillet. Il reste donc un peu plus d’un mois au gouvernement pour fixer les conditions d’attribution de ce dispostif, financé par les 400 millions d’euros des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), destiné aux ménages les moins fortunés.

Par ce biais, le Gouvernement entend financer la location sur une durée d’au moins 3 ans de quelque 50 000 véhicules électriques, à l’usage de « gros rouleurs » particulièrement touchés par l’envolée des prix des carburants. Il s’agit notamment « des aides à domicile, des aides soignantes , des infirmières , des artisans et plus globalement de tous les salariés ou agents publics de notre pays qui gagnent moins de 2 200 euros par mois en moyenne », précisait en avril le Premier ministre Sébastien Lecornu. Plus récemment, le 21 mai, la ministre de la Santé Stéphanie Rist annonçait une « extension des mesures de soutien aux aides à domicile », avec « un relèvement de l’indemnité kilométrique », ainsi que la mise à disposition « d’un véhicule électrique à partir de 50 euros par mois », à compter du 1er octobre 2026.

Rappelons que toutes les voitures du marché ne sont pas éligibles au leasing social : d’un côté, le gouvernement exige le score environnemental minimum et accorde un soutien financier plus important aux véhicules entièrement assemblés en Europe. Tandis que les constructeurs déterminent quels modèles peuvent afficher un loyer suffisamment modéré (le gouvernement demande de ne pas dépasser 200 euros, hors assurance). L’objectif de la troisième campagne de leasing social démarrant au 1er juillet 2026 est de ramener le reste à charge « entre 100 et 200 euros par mois », indique le Gouvernement. Or, il paraît difficile, sinon impossible de proposer une mensualité de seulement 50 euros en s’en tenant aux seules voitures neuves.

Stéphanie Rist suggère par conséquent de puiser dans le vivier de petites voitures électriques d’occasion (par exemple la Renault ZOE). Son « objectif est de créer une flotte de 30 000 véhicules pour les aides à domicile », ces professionnels dont « la dépense en carburant représente environ 20 % des revenus ». Des occasions plus récentes et plus performantes que la ZOE, à l’image de la Peugeot E-208 réclameraient une mensualité mathématiquement plus élevée. Il en va de même dans le neuf, où les loyers vont du simple au double en fonction de la catégorie du véhicule.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, ce projet d’extension de l’aide à la location aux électriques d’occasion soulève encore beaucoup de questions. Les professionnels de la distribution automobile y sont généralement favorables, du fait d’un risque financier moindre que dans le neuf. La plupart s’attendent en effet à devoir brader les électriques qui reviendront de location sur un marché de la seconde main qui, jusqu’à il y a peu, avait tendance à bouder les électriques.

Ils devront s’aligner sur des prix effectifs de transaction qui risquent fort d’être inférieurs aux estimations initiales. C’est la conséquence néfaste d’une subvention en début de leasing, qui déprécie la valeur du véhicule. La récente hausse des ventes d’électriques d’occasion en réaction à la flambée des prix des carburants (de 48 % en mars et de 65 % en avril) tend à soutenir les prix mais, en règle générale, le distributeur gagne assez mal sa vie sur les électriques.

Le manque à gagner est d’autant plus important que le constructeur a tendance à surestimer la valeur de revente de ses électriques, moyen commode pour tirer vers le bas le montant de la mensualité et inciter le client à choisir une location plutôt qu’un crédit ou un achat comptant. Permettre aux distributeurs de recommercialiser ces jeunes occasions par le biais d’un contrat de leasing social serait bénéfique pour eux autant que pour les locataires, qui bénéficieraient là d’un loyer plus faible.

Le locataire devra s’entourer de bons conseils et prendre garde aux dépenses qu’il n’anticipe pas toujours . En septembre dernier, le néoassureur Leocare mettait ainsi en garde contre les frais d’entretien, de recharge et d’assurance qui « augmentent le coût total du leasing social entre 40 % et 78 % par rapport au chiffre initialement annoncé hors assurance, hors entretien et hors option ».

Leasing social, version 2026 : ce que l’on sait déjà

A date, le ministère de l’Économie indique les conditions pour bénéficier de l’un des « 50 000 nouveaux véhicules électriques en location sociale (leasing social) ». Le dispositif s’adresse aux ménages ayant un revenu fiscal de référence inférieur à 16 300 euros. Le loyer maximal est fixé à 200 euros par mois. Il est prévu qu’au moins un quart des offres des concessionnaires propose des loyers mensuels inférieurs à 140 euros. Certaines offres débuteront à moins de 100 euros par mois (exemple : Stellantis annonçait le 26 mai un loyer de 94 euros pour la Citroën ë-C3). L’aide est renforcée pour les voitures, batteries et moteurs fabriqués en Europe. Ouverture des commandes et livraison des premiers véhicules à partir de mi-juillet 2026.

Certains foyers « grands rouleurs » ne sont pas éligibles au leasing social. Le Gouvernement leur accorde une aide à l’achat pouvant atteindre 7 700 euros. Plusieurs conditions sont à respecter.

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