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gouvernementvia France Info··9 min de lecture

Les prix des carburants doivent "baisser dans les mêmes délais que lorsqu'ils sont montés", estime le ministre des Comptes publics

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :David AmielBruno Le MaireSébastien Lecornu
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Le contexte

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, s'exprime sur la nécessité d'une baisse rapide des prix des carburants en lien avec la situation économique actuelle. Cette déclaration intervient dans un contexte de hausse des prix due à des événements géopolitiques, notamment la crise en Iran.

Ce qu'il faut retenir

David Amiel a déclaré qu'il est inacceptable que la baisse des prix des carburants prenne plus de temps que leur augmentation. Il a souligné l'importance d'une réunion avec les distributeurs de carburant pour s'assurer d'une baisse rapide. Amiel a également évoqué la nécessité de mesures d'économie supplémentaires pour faire face aux conséquences économiques de la crise. Il a confirmé que des aides de 100 euros seront versées aux gros rouleurs pour amortir les coûts liés à la crise des carburants.

Ce que ça change

Les déclarations de David Amiel soulignent la pression exercée sur les distributeurs de carburant pour qu'ils réagissent rapidement aux fluctuations des prix. Cela pourrait influencer les décisions politiques concernant les aides aux automobilistes et les mesures d'économie à mettre en place pour maintenir la stabilité des finances publiques. La mention de l'intelligence artificielle dans l'administration indique également une volonté de moderniser les services publics.

L'article complet

Source originale sur francetvinfo.fr

Invité des "4 Vérités" mardi 16 juin, le ministre David Amiel juge "inacceptable" que la baisse des prix des carburants "dure des semaines et des semaines", après l'accord de paix annoncé par Donald Trump. Mais il appelle également à "rester lucide sur la situation économique" et précise qu'il "faudra des mesures d'économie supplémentaires" pour pallier les suites de la crise.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Alexandre Peyrout : L'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran doit être signé ce vendredi. Les prix du baril ont déjà bien baissé hier, de plus de 6 %. Quand est-ce que les prix à la pompe vont enfin baisser ?

David Amiel : Il faut que ce soit le cas le plus vite possible, parce qu'évidemment, personne ne pourrait comprendre que les prix montent plus vite qu'ils ne baissent. C'est le but de la réunion qu'organisent aujourd'hui mes collègues du gouvernement, Roland Lescure, Maud Bregeon, Serge Papin, avec les distributeurs de carburant. Ce sera le cas en fin de matinée, pour précisément s'en assurer.

Mais c'est quoi, rapidement ? Quand vous dites qu'il faut que ça baisse vite, c'est quoi le délai acceptable ?

C'est tout le but, pour le coup de la réunion, de s'assurer que ça va baisser le plus rapidement possible. Il faut que ce soit le même délai que quand les prix montent. Ce serait inacceptable, évidemment.

C'était monté en un ou deux jours, là, il faut que ça baisse en un ou deux jours ?

Et bien, ça doit baisser dans les mêmes délais que ceux dans lesquels c'est monté.

Michel-Édouard Leclerc, lui, il dit que ça va prendre plusieurs semaines. Est-ce que c'est acceptable quand il dit ça ?

Ce ne serait pas acceptable que ça dure des semaines et des semaines. Donc, c'est la raison à nouveau pour laquelle il y a cette réunion qui est convoquée à Bercy aujourd'hui.

L'idée, c'est de leur mettre la pression aux distributeurs ?

L'idée, c'est de travailler avec eux pour que ça baisse le plus rapidement possible.

Votre ancien collègue, Bruno Le Maire, doute de cette hypothèse. Il dit que les infrastructures ont été endommagées en Iran, et que par conséquent ça va prendre du temps et que ça ne va pas forcément baisser. Vous, vous dites : "Qu'importe, c'est trop compliqué, trop difficile pour les Français aujourd'hui" ?

Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que les prix du baril sur les marchés mondiaux baissent ; ce sont les prix auxquels s'approvisionnent les distributeurs de carburant. Donc en tout état de cause, il faut évidemment que ça baisse. Maintenant, il faut être très lucide sur la situation économique. Il y a cette réouverture annoncée du détroit d'Ormuz, qui est une première étape. C'est quand la mer se retire qu'on constate les dégâts, et donc, il va falloir tirer un premier bilan de la crise. Mais d'ores et déjà, et je veux le dire avec beaucoup de gravité : cette crise est forcément une mauvaise nouvelle pour la croissance, pour l'activité économique et donc une mauvaise nouvelle pour nos comptes publics. Il faudra évidemment des mesures d'économie supplémentaires.

Cette semaine, vont être versées 100 euros aux gros rouleurs, qu'avait promis le gouvernement. Vous leur dites quoi à ces automobilistes ? Vous leur dites : "Profitez-en, c'était les dernières aides" ?

D'abord, c'était des aides indispensables pour pouvoir répondre précisément aux besoins des Français qui travaillent, qui ont besoin de leur voiture pour travailler et qui vivent loin de leur lieu de travail. Et c'est comme cela qu'ont été ciblés les trois millions environ de Français qui sont éligibles. Donc, il y a cette aide de 100 euros qu'on avait décidé pour amortir le coût de la crise, pour permettre aussi de se projeter dans la période estivale. Je crois que c'était indispensable.

Justement, le budget, on parlait des finances publiques. Vous êtes en train de préparer le projet de loi de Finances de 2027. Est-ce que vous avez toujours un objectif de six milliards d'euros d'économie pour l'année prochaine ?

Ah non, les objectifs d'économie pour l'année prochaine, ils devront être beaucoup plus importants que ceux-là.

J'ai dit qu'on devrait tirer le bilan de la crise dans le détroit d'Ormuz, ça, c'est pour 2026.

Vous avez dit que ça coûtait six milliards d'euros de finances publiques ?

Oui, mais là vous me parliez de 2027, je crois…

Est-ce que ça va coûter encore plus cher en 2027 ?

Mais pour 2027, il faudra des économies très importantes, partout, parce qu'il faut pouvoir maîtriser les déficits publics. Et donc aujourd'hui, c'est évident que le compte n'y est pas. Le Premier ministre a tiré la sonnette d'alarme. Il a raison.

Mais pouvez-vous nous dire de combien l'État doit faire un effort ?

Je le dirai au mois de juillet, c'est la raison pour laquelle j'ai missionné aussi des économistes indépendants pour qu'ils aient accès à l'ensemble des documents de Bercy et qu'ils disent très clairement ce qui se passerait si aucune mesure d'économie n'était prise. Quel serait le déficit en 2027, en 2028, en 2029, en 2030 ? Parce que, moi, je le vois dans le débat public : les somnambules sont de retour. Ceux qui nous disaient pendant le pire de la crise iranienne : "ouvrez la vanne aux milliards, peu importe le déficit" , qui vont nous dire maintenant, vous allez voir, dans les prochains jours, que ce n'est pas le moment de faire des économies, ce n'est pas le moment de réduire le déficit, ce n'est pas le moment de s'occuper de la dette… Je crois qu'il faut pouvoir dire l'état exact de la situation, et comme ça, au moins, personne ne pourra dire qu'il ne le savait pas.

Vous avez toujours l'objectif d'en rester à un déficit en dessous de 5% du PIB ?

Il faut faire le maximum pour maintenir la trajectoire, pour contenir le déficit public. Je l'ai dit : la crise qui s'est déroulée en Iran, elle a un impact sur la croissance, elle aura un impact sur le déficit et des mesures d'économie supplémentaires seront nécessaires.

Sébastien Lecornu a recadré vos collègues du gouvernement parce qu'ils avaient, je cite, "des demandes irréalistes" . Il appelle tout le monde "au sérieux" , ce sont ses mots. Est-ce qu'il y a vraiment besoin d'appeler vos collègues au sérieux ? Sont-ils si irresponsables que ça ?

En tout cas, le compte est loin d'y être. Effectivement, j'ai commencé les réunions avec les différents ministres pour la préparation du budget de 2027. Et à ce stade, les demandes se multiplient d'augmentation de dépenses. Or, je le dis très clairement, notre objectif en 2027, c'est de baisser la dépense publique. C'est vrai pour l'État. Il y aura aussi évidemment des économies importantes à faire en matière sociale pour pouvoir continuer d'ailleurs à assurer la pérennité de la Sécurité sociale. Les collectivités locales devront aussi maîtriser leurs dépenses. C'est vraiment un effort collectif qu'il va falloir faire.

Tout le monde devra faire des économies, même la justice ?

Tout le monde doit s'assurer que la dépense est le mieux utilisée possible. Après, je l'ai dit, il y a des ministères dans lesquels on va avoir besoin de renforcer les moyens. Je l'ai d'ores et déjà dit publiquement, le budget de la justice a vocation à augmenter.

Pourtant, pour cette année, pour 2026, vous aviez prévu 414 millions d'économies, quand même ? Il y avait 414 millions de crédits gelés.

Pardonnez-moi, vous confondez plusieurs choses. Le budget de la justice, il augmente depuis des années, et il augmente à un rythme historique. On a eu plus 3,9 milliards, pour être précis, d'augmentation depuis 2017. Et cette année encore, le cœur des besoins de la justice, c'est-à-dire les besoins humains, les recrutements : c'est 1 600 recrutements supplémentaires en 2026. Et je l'ai dit, pour 2027, c'est un budget qui a vocation à continuer à augmenter.

Ça ne suffit pas, parce qu'on a toujours moins de magistrats par habitant que dans les autres pays, notamment de l'Union européenne. On est très en dessous de la moyenne. Est-ce que vous consentez, comme l'ont demandé les manifestants qu'on a pu voir hier encore devant les tribunaux, devant le ministère de la Justice, après la mort de la jeune Lyanna, à enfin mettre la main à la poche à la hauteur de ce dont a besoin la justice ?

Vous savez, je crois qu'on paye, pour la justice, des décennies où ce ministère a été sacrifié sous des gouvernements de droite comme sous des gouvernements de gauche. Et c'est vrai que depuis 2017, l'effort, il est historique et je l'ai dit, cet effort a vocation à continuer.

Si je pensais que c'était assez, je n'aurais pas annoncé que le budget de la justice avait vocation à augmenter. Donc il faut poursuivre cet effort qui vient, je le redis, après des décennies de sacrifices.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les signataires du projet de loi intégrale de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Ça coûte trois milliards d'euros par an. Est-ce que vous êtes prêt à les mettre ?

La proposition de loi intégrale a été soumise à l'avis du Conseil d'État par la présidente de l'Assemblée nationale, par le Premier ministre également. Ce qui est certain, c'est qu'il faut une réponse intégrale pour protéger les enfants. Ça peut prendre différentes formes. On a aussi un projet de loi de protection de l'enfance, qui est en train d'être enrichi, et on a une prise de conscience générale de la société qui est nécessaire. Il faut d'abord qu'on étudie les mesures qui sont indispensables et c'est vraiment le travail qui est en cours.

Vous allez présenter aujourd'hui un plan de déploiement de l'intelligence artificielle dans les services publics, on va en parler, mais vous allez aussi participer à un événement sur l'IA dans la justice. Vous présentez l'IA comme une solution pour, je cite : "raccourcir les délais et améliorer la qualité du traitement des dossiers" . Est-ce à dire que pour vous, l'IA aurait pu empêcher les dysfonctionnements dans l'affaire de la jeune Lyhanna ?

Non, je pense que ce serait extrêmement déplacé de prendre les choses ainsi. Il y a une enquête qui est en cours autour de l'affaire Lyhanna, elle sera rendue publique, et je pense qu'il y aurait beaucoup d'indécence à vouloir présenter les choses de la sorte. En revanche, je pense qu'il est évident que l'intelligence artificielle, de manière générale, est une opportunité comme elle est une menace. Elle est une menace quand elle n'est pas souveraine, quand elle n'est pas sécurisée et il y a évidemment un risque d'être dépendant de technologies extra-européennes, et vous avez vu la semaine dernière, ce qui s'est passé avec Anthropic, Claude, le risque de rupture d'accès à ces modèles d'intelligence artificielle américains pour les pays européens. Mais elle est aussi une opportunité qui est de permettre à des agents publics de se débarrasser de tâches chronophages, de paperasse inutile pour se concentrer sur ce qui fait le cœur de leur métier. Et moi je le dis, en 2026, demander à des agents publics de perdre du temps à taper à la main des comptes rendus de réunion, c'est plus possible. C'est la raison pour laquelle je généralise un outil qui s'appelle "Transcript" qui permet d'automatiser la prise de note.

Vous généralisez l'intelligence artificielle dans toute l'administration ?

Dans toute l'administration, dans tout l'État, pour tous les agents publics de l'État, il y a des outils de base de l'IA qui vont être sécurisés, qui vont être souverains et qui vont être accessibles à tous ceux qui en ont besoin. C'est l'agent conversationnel, l'équivalent pour ceux qui nous écoutent de ChatGPT, mais en version souveraine, sécurisée, pour pouvoir faire de la recherche documentaire, de la synthèse, de l'analyse, des résumés. C'est "Transcript", je l'évoquais, pour pouvoir retranscrire automatiquement des comptes rendus de réunion. C'est des outils aussi de traduction. Bref, tout ça, ça doit être la boîte à outils qui est accessible à l'en…

Texte extrait depuis l'article original sur francetvinfo.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur francetvinfo.fr.

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