Emmanuel Macron persiste et signe. Alors que son choix de recevoir Donald Trump en grande pompe à Versailles suscite de nombreuses critiques, le président de la République a assumé sa méthode lors de sa conférence de presse de clôture du G7 ce mercredi 17 juin.
Depuis plusieurs jours, l’opposition mais aussi certains observateurs dénoncent les égards accordés au président américain , pourtant très coutumier des attaques contre la France et l’Union européenne. Le chef de l’État est notamment accusé de ménager excessivement son homologue, et ce, malgré les menaces commerciales répétées de Washington.
Emmanuel Macron assume et revendique une ligne qu’il juge constance et assure suivre depuis le début de son premier quinquennat.
« Versailles est un instrument diplomatique et un instrument de puissance. Et vous savez quoi ? Je l’ai utilisé dès juin 2017 », a-t-il rappelé, en référence à la visite de Donald Trump lors de son premier mandat.
« Il y a des choses qu’on a obtenues, puis après ça ne s’est pas aussi bien passé que ça avec le président », a-t-il cependant admis. Mais cela ne remet nullement en cause, selon lui, le bien-fondé de son approche.
Emmanuel Macron a ensuite défendu l’idée qu’accueillir chaleureusement un dirigeant étranger n’est absolument pas incompatible avec la fermeté.
« En tout cas, je l’assume totalement parce qu’à chaque fois, en tenant une position de fermeté ou en réengageant et en accueillant avec chaleur, je défends les intérêts de mon pays » , a-t-il déclaré.
Pour le chef de l’État, cette attitude répond à un objectif très concret. Celui d’obtenir des résultats favorables à la France.
« Quand je défends les intérêts de notre pays, de la France, j’ai à cœur de le faire en accueillant bien les gens, en faisant en sorte qu’ils soient bienveillants avec nous et que derrière ils prennent les bonnes décisions pour nous » , a-t-il poursuivi.
Malgré cette apparente bienveillance, Donald Trump continue pourtant de menacer les exportations françaises, notamment dans le secteur viticole.
Pour illustrer son raisonnement, Emmanuel Macron a finalement eu recours à une comparaison inattendue avec l’équipe de France de football.
« Au fond, je suis comme les Bleus, que je joue à l’extérieur ou à domicile. Mon but, c’est de marquer des buts » , a-t-il lancé devant les journalistes. Avant d’ajouter : « Quand j’accueille des équipes, j’essaie de bien les accueillir. »
Dans les colonnes du HuffPost , le spécialiste des États-Unis Romuald Sciora estimait ainsi qu’Emmanuel Macron risquait de tomber dans une « opération cirage de pompes » , tandis que François Hollande jugeait auprès de Mediapart que la tentation de « séduire Trump » constituait une erreur.
À l’Élysée donc, la lecture est tout autre.
