Les 11 et 12 mai 2026, la tenue du sommet Africa Forward au Kenya suscitait de nombreux débats autour du rôle de la France en Afrique. Alors qu’ Emmanuel Macron, à l’initiative de l’événement , s’affichait volontiers aux côtés d’artistes kényans, des critiques leur reprochaient cette association, les accusant de faire le jeu d’une puissance au passé controversé sur le continent.
Quelques semaines après l’événement, le quotidien kényan Daily Nation a questionné la légitimité de ces critiques. Donnant la parole à divers créateurs, le journal dresse un bilan de l’action culturelle française au Kenya bien plus nuancé que celui brossé par ses détracteurs.
“Au-delà de la politique, il existe […] une autre réalité : depuis des décennies, les institutions culturelles soutenues par la France ont discrètement contribué à façonner l’écosystème créatif du Kenya”, estime ainsi le quotidien.
Le Daily Nation souligne en particulier l’impact du programme Création Africa. Déployé depuis 2024 par le ministère des Affaires étrangères, il offre mentorat, programmes d’incubation ou encore visibilité internationale à des artistes issus du monde de la musique, de la danse, du théâtre, mais aussi des jeux vidéo ou de l’animation.
Au Kenya, 1,2 million d’euros ont été distribués via le programme. Mais, au-delà des financements, de nombreux bénéficiaires soulignent le rôle structurant de l’accompagnement mis en place.
La musicienne kényane Nile Dwata estime ainsi que la “plus grande leçon” a été d’apprendre à naviguer dans le monde qui entoure la créativité. Trouver des financements, monter des partenariats, maîtriser le langage institutionnel… “Il y a un fossé entre les créatifs et ceux qui ont de l’argent”, explique-t-elle. “Le programme m’a appris à communiquer autour de mon travail d’une manière qui parle aux financeurs.”
“Pour de nombreux créatifs kényans, l’impact le plus significatif de programmes comme Création Africa n’est pas simplement financier, mais tient aussi à l’accès à des réseaux, au mentorat, à la confiance et à des écosystèmes mondiaux qui leur étaient auparavant inaccessibles” , complète le Daily Nation .
“C’est toute la complexité du débat actuel autour du rôle de la France en Afrique. Les réactions négatives suscitées par la visite d’Emmanuel Macron reflètent des griefs historiques légitimes et l’aspiration croissante à l’autodétermination africaine. Mais elles se heurtent également à une autre réalité, visible dans les industries créatives du Kenya à travers ces partenariats culturels”, poursuit le quotidien.
Loin des débats idéologiques, les créatifs sont confrontés à des interrogations concrètes, rappelle le journal : “Comment construire des industries pérennes, raconter les histoires africaines à l’échelle mondiale et financer des projets créatifs dans des milieux où le soutien a été rare historiquement ? Pour beaucoup d’entre eux, la solution, du moins pour l’instant, a consisté à saisir les opportunités qui s’offraient à eux [comme celles proposées par la France] et à les transformer en quelque chose qui leur appartient.”
etc.. Le “microcheating”, c’est “micro-tromper” ou “maxi-psychoter” ?
