Nouvel épisode. Accusée par Jean-Luc Mélenchon d’avoir repris un montage trompeur à son égard, Marine Le Pen persiste et signe. Dans un message publié sur les réseaux sociaux mercredi 27 mai, elle réfute tout « détournement » et évoque une « synthèse exacte » de ses propos, en l’occurrence sur son concept de « nouvelle France ».
La dirigeante du Rassemblement national avait provoqué le courroux du fondateur de la France insoumise, mardi, en relayant sur le réseau social X une vidéo de lui qui remonte à février 2025. Dans ce montage d’1 minute 30, tiré d’ un discours de près d’une heure aux rencontres nationales des quartiers populaires à Toulouse, plusieurs phrases sont coupées et mises bout à bout, au risque de dénaturer le sens du concept déployé par les insoumis dans ce début de précampagne présidentielle.
Ainsi, on entend Jean-Luc Mélenchon demander d’emblée à l’assistance qui a « un grand-père étranger ? » , et ensuite dire qu’il y a « une nouvelle France » composée de « millions de gens » . Or, dans la réalité, l’ancien député n’a pas commencé son discours de cette manière, et les deux phrases n’étaient pas consécutives. Il a plutôt livré un long développement sur les habitants des quartiers populaires, citant les ouvriers, les femmes et les jeunes.
« Vous connaissez la BA ? C’est la Bêtise Artificielle (BA). Au moment où tout le monde dénonce les images fake par IA, Madame Le Pen s’est acheté une BA » , a ainsi ironisé Jean-Luc Mélenchon, en réponse à la cheffe de file du RN, mardi, ajoutant : un « logiciel a découpé huit fois une de mes déclarations et en a tiré un montage pour me faire dire ce que voulait Marine Le Pen ». Un peu plus tôt, la députée du Pas-de-Calais assurait effectivement, montage à l’appui, que le concept de son ennemi politique « n’évoque pas un remplacement générationnel » mais est « bel et bien fondé sur l’origine étrangère et constitue donc la quintessence du racisme et la négation de notre Constitution ».
Des accusations réitérées le lendemain, malgré les menaces de Jean-Luc Mélenchon, qui évoquait le dépôt d’une plainte contre « cette manipulation », qui est « un délit », selon lui. Il faisait référence à l’article 226-8 du Code pénal qui punit « le fait de porter à la connaissance du public » le « montage réalisé avec les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement, s’il n’apparaît pas à l’évidence qu’il s’agit d’un montage ou s’il n’en est pas expressément fait mention ».
Pas de quoi chambouler Marine Le Pen. En réponse à l’insoumis, la dirigeante d’extrême droite martèle que le montage (pourtant haché) représente une « synthèse exacte » de ses propos. « Mais si vous estimez que la justice n’est pas déjà suffisamment saturée par les voyous dont vous rêvez de faire vos électeurs, n’hésitez pas en effet à déposer plainte », écrit-elle à l’adresse de Jean-Luc Mélenchon.
Pour l’ancien ministre, la cheffe de file du RN démontre ainsi qu’elle « ne comprend pas la France », puisqu’elle « ramène tout » à ses « obsessions racialistes ». « Vous voulez donc faire la France sans la liberté des femmes ? Sans sa nouvelle jeunesse ? Sans ses nouvelles familles ? Et oui, sans le tiers de nos compatriotes héritiers de l’immigration ? » , interroge-t-il, en réponse à sa nouvelle saillie . Une façon de clore la controverse ? Avant, sans doute, de nombreuses autres.
