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electionsvia France 24··3 min de lecture

Nouvelle-Calédonie : deux ans après les émeutes, les tensions persistent

Personnalités citées :Sébastien LecornuEmmanuel Macron
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Le contexte

La Nouvelle-Calédonie est un territoire français d'outre-mer qui a connu des tensions politiques et sociales, notamment autour de la question de l'indépendance. Les émeutes de 2024 ont été déclenchées par des débats sur la composition du corps électoral, un sujet sensible qui divise les Calédoniens entre indépendantistes et non-indépendantistes. Les élections provinciales de juin 2026 approchent, et le climat reste tendu.

Ce qu'il faut retenir

Deux ans après les émeutes en Nouvelle-Calédonie, les tensions persistent autour du corps électoral à l'approche des élections provinciales. Le haut-commissariat a interdit la vente d'alcool pour prévenir d'éventuels débordements. Le débat sur l'ouverture du corps électoral, qui avait provoqué les violences, n'est toujours pas résolu. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé une ouverture partielle, mais cette mesure ne satisfait aucun des camps. Des mouvements de contestation continuent de s'organiser.

Ce que ça change

La situation en Nouvelle-Calédonie reste instable, avec des tensions qui pourraient affecter le déroulement des élections provinciales. Les propositions du gouvernement n'ont pas réussi à apaiser les inquiétudes des indépendantistes, ce qui pourrait entraîner de nouvelles mobilisations et un climat de méfiance persistante. Les décisions à venir du Parlement et du Conseil constitutionnel seront cruciales pour l'avenir politique de l'archipel.

L'article complet

Source originale sur france24.com

Deux ans après les émeutes qui avaient enflammé la Nouvelle-Calédonie, le débat sur la composition du corps électoral n'est toujours pas tranché, à quelques semaines des élections provinciales du 28 juin.

Deux ans après les violences qui ont fait 14 morts et plusieurs milliards d'euros de dégâts en Nouvelle-Calédonie , le climat reste à la méfiance alors que le débat sur le corps électoral, à l'origine de la crise insurrectionnelle, n'est toujours pas tranché.

Sur les groupes WhatsApp de quartiers et les réseaux sociaux, les appels à la vigilance ont commencé à circuler lundi, à deux jours de l' anniversaire du début des violences qui ont meurtri l'archipel français du Pacifique sud.

Des Calédoniens qui se présentent comme des "voisins vigilants" préviennent : "Il n'y aura pas de deuxième 13 mai, car la réponse sera immédiate et déterminée (...). Nous sommes organisés et prêts à réagir si la situation l'exigeait."

Il y a deux ans, l'explosion de violence avait surpris tout le monde. Depuis, les comités d'autodéfense sont restés actifs. Un "collectif de résistance citoyenne" a vu le jour et des "référents de quartier" se réunissent régulièrement. Dans Nouméa, les portails qui fermaient certaines rues sont toujours présents par endroits. Les autorités ont obtenu leur ouverture, mais pas leur retrait.

Aucune manifestation d'ampleur n'est attendue mercredi et l'ambiance reste relativement sereine. Le haut-commissariat de la République, équivalent local de la préfecture, a toutefois interdit la vente d'alcool sur tout le territoire du 11 au 17 mai pour prévenir d'éventuels débordements.

Le débat sur le corps électoral a, lui, ressurgi à l'approche des élections provinciales, fixées au 28 juin . Or c'est ce dossier qui avait mis le feu aux poudres en 2024.

En Nouvelle-Calédonie, ce scrutin est crucial. Les trois provinces concentrent un grand nombre de compétences et les institutions du territoire dépendent de ce vote.

Mais tous les Calédoniens ne peuvent pas s'y prononcer. Ne peuvent figurer sur la "liste spéciale" que les personnes pouvant justifier de dix ans de résidence en 1998 ainsi que leurs descendants. Soit 181 728 électeurs, contre 220 046 sur la liste dite générale permettant de voter aux élections municipales, législatives, européennes ou présidentielle.

Une disposition qui cristallise le conflit entre indépendantistes et non-indépendantistes. Les premiers estiment que l'ouverture du corps électoral risquerait de dissoudre la revendication indépendantiste en permettant à des métropolitains sans attache sur le territoire de décider de l'avenir de l'archipel. Ils assurent toutefois qu'ils sont favorables à l'élargissement du droit de vote dans le cadre d'un accord qui réglerait la question de l'avenir institutionnel.

Les seconds mettent en avant les trois référendums d'autodétermination tenus en 2018, 2020 et 2021, qui ont vu le "non" à l'indépendance l'emporter, bien que la dernière consultation ait été boycottée par les indépendantistes.

Ce débat, qui empoisonnait la vie politique calédonienne à la veille des violences de 2024, n'a pu être tranché. L'accord conclu à Bougival le 12 juillet 2025, mais rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), prévoyait une ouverture du corps électoral aux Français justifiant de 15 ans de résidence pour le prochain scrutin, puis de dix ans pour les suivants. L' Assemblée nationale a rejeté le 2 avril le projet de loi constitutionnelle devant mettre en œuvre cet accord , enterrant du même coup ces dispositions.

À (re)lire Les partis de Nouvelle-Calédonie signent un accord complémentaire à celui de Bougival

Le Premier ministre Sébastien Lecornu , après un mois de consultations infructueuses, a proposé une ouverture partielle du corps électoral aux natifs (des Calédoniens nés sur le territoire, mais dont les parents ne sont pas inscrits sur la "liste spéciale") et aux conjoints de Calédoniens.

Une disposition inscrite dans une loi organique qui doit encore être votée au Parlement et validée par le Conseil constitutionnel mais qui ne satisfait aucun des camps.

"Le 13 mai 2026, nous marquerons notre désaccord ferme avec cet énième passage en force qui, sous couvert de démocratie, constitue un recul grave sur les engagements de l'État pour la décolonisation", écrit la CCAT, mouvement à l'origine de la mobilisation de 2024, dans un communiqué diffusé le 8 mai.

"L'État continue d'entretenir un processus sans issue, une instabilité permanente, une ambiguïté institutionnelle qui affaiblit la paix civile et détruit progressivement la confiance dans la parole publique", estime pour sa part l'association Un cœur, une voix, dans un courrier adressé au président Emmanuel Macron . Le 31 mars, elle avait réuni près de 2 500 personnes lors d'une manifestation pour l'ouverture du corps électoral.

Texte extrait depuis l'article original sur france24.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur france24.com.

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