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gouvernementvia Sud Ouest··3 min de lecture

Nouvelle-Calédonie : Lecornu refuse le « statu quo » institutionnel, un contre-la-montre lancé au Parlement

Personnalités citées :Sébastien LecornuGeorges NaturelPierre-Chanel TutugoroRobert Xowie
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Le contexte

La Nouvelle-Calédonie est un territoire français d'outre-mer avec une histoire complexe de tensions entre indépendantistes et non-indépendantistes. Les élections provinciales approchent, et le corps électoral actuel est critiqué pour son exclusion croissante de certains Calédoniens. Le gouvernement français cherche à réformer ce système pour éviter des violences similaires à celles de 2021.

Ce qu'il faut retenir

Sébastien Lecornu a présenté une réforme au Sénat pour élargir le corps électoral des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. Cette réforme vise à inclure 10 569 natifs calédoniens actuellement exclus du vote. Le texte a été adopté au Sénat et sera examiné par l'Assemblée nationale. Lecornu a souligné que le statu quo pourrait entraîner des violences, et il espère un compromis entre indépendantistes et non-indépendantistes.

Ce que ça change

Cette réforme pourrait modifier significativement le paysage politique en Nouvelle-Calédonie en élargissant le droit de vote. Elle vise à apaiser les tensions et à favoriser un dialogue entre les différentes parties. Le succès ou l'échec de cette réforme pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique de l'archipel et sur les futures négociations institutionnelles.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Sébastien Lecornu a défendu au Sénat une réforme visant à élargir le corps électoral des élections provinciales pour éviter un blocage institutionnel et de nouvelles tensions dans l’archipel

Sébastien Lecornu a défendu lundi 18 mai au Sénat une réforme pour élargir dans l’urgence le corps électoral des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie , refusant d’accepter un « statu quo » institutionnel qui pourrait selon lui entraîner de nouvelles violences dans l’archipel, deux ans après des émeutes meurtrières.

À moins de six semaines du scrutin provincial prévu le 28 juin, rendez-vous démocratique majeur sur le Caillou, peut-on encore changer les règles du vote ? C’est le pari risqué du Premier ministre, lancé dans un contre-la-montre au Parlement. Adoptée au Sénat lundi soir, la réforme sera examinée dès mercredi à l’Assemblée nationale, un vote à l’issue incertaine dans un contexte potentiellement explosif.

Après avoir constaté ces dernières semaines l’impasse d’une large réforme constitutionnelle de la Nouvelle-Calédonie, Sébastien Lecornu n’en démord pas : le statu quo institutionnel « ne peut être une base solide pour l’avenir », a-t-il lancé devant les sénateurs, prenant soin de s’exprimer lui-même dans l’hémicycle. Il « peut même être le ferment, demain, de la violence », a lancé le Premier ministre, qui espère convaincre indépendantistes et non-indépendantistes avec une proposition « d’équilibre » et de « compromis », « fruit d’un dialogue qui n’avait plus eu lieu depuis plus d’un an ».

Dans le détail, le gouvernement veut élargir le corps électoral des provinciales à 10 569 « natifs » calédoniens, actuellement privés de droit de vote. Il s’appuie pour ce faire sur une proposition de loi organique du sénateur calédonien Georges Naturel (groupe LR, non-indépendantiste).

Approuvée par le Congrès calédonien à une courte majorité dans la matinée, cette réforme a été validée au Sénat par 304 voix contre 20, seul le groupe communiste s’y opposant. M. Lecornu a salué « un véritable pas en avant », même si les rapports de force s’annoncent plus serrés à l’Assemblée.

Ce texte, aux allures plutôt techniques, concerne pourtant l’une des questions les plus sensibles localement, car il ajusterait le corps électoral des provinciales, débat à l’origine des émeutes qui ont ravagé la Nouvelle-Calédonie il y a deux ans, avec 14 morts et deux milliards d’euros de dégâts. Crucial dans l’archipel, où les trois provinces concentrent beaucoup de compétences, le scrutin provincial repose sur un corps électoral « gelé », réservé aux personnes justifiant de 10 ans de résidence en 1998 ainsi que leurs descendants.

Conséquence de ce système : avec le temps, quelque 17 % des Calédoniens se sont retrouvés progressivement exclus du scrutin, a relevé Sébastien Lecornu, contre 8 % en 1998. « Une distorsion grandissante » qui porterait atteinte « aux principes d’universalité et d’égalité du suffrage », a-t-il clamé. Le périmètre d’une éventuelle ouverture divise indépendantistes et non-indépendantistes : les premiers craignent une dilution du vote kanak, les seconds l’exigent au nom de l’égalité devant le suffrage.

Outre l’inclusion des « natifs », le gouvernement espère aller un cran plus loin en proposant l’ouverture aux conjoints unis depuis au moins cinq ans avec un des électeurs autorisés à voter. Mais cet amendement a été rejeté au Sénat par une alliance de la gauche et du centre, faute de consensus local sur ce point. « Cet élargissement aux conjoints augmenterait considérablement le risque de censure de la loi organique par le Conseil constitutionnel », s’est inquiété Georges Naturel.

À gauche, si les socialistes ont voté pour, d’autres hésitent à valider une réforme sans le soutien des indépendantistes du FLNKS. Qui ont rappelé lundi au Congrès de Nouvelle-Calédonie leur réticence. « Le FLNKS est favorable à l’ouverture du corps électoral aux natifs mais dans un accord global, pas de manière isolée », a indiqué le chef du groupe UC-FLNKS, Pierre-Chanel Tutugoro.

Or, « il n’y a aujourd’hui ni accord global, ni accord sur le corps électoral », a insisté le sénateur indépendantiste Robert Xowie. Pour lui, le dépôt de ce texte est un « passage en force » qui va « radicaliser les positions » alors que « la campagne a commencé ». Sébastien Lecornu y voit au contraire un impératif pour rouvrir sereinement un cycle de négociations après les provinciales et finaliser un accord institutionnel global dans les prochains mois.

Les discussions débuteront « dès juillet » et devront aboutir « avant la fin de l’année », a-t-il prévenu. « Rien ne serait pire que de laisser dériver le dossier, voire qu’il s’invite brutalement au cœur d’une campagne nationale », a-t-il ajouté, évoquant la présidentielle de 2027.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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