La droite parisienne réclame un investissement massif pour lutter contre les violences sexuelles dans le périscolaire, jugeant le plan actuel de la municipalité insuffisant
La droite parisienne a demandé ce mardi au maire PS, Emmanuel Grégoire, un « plan d’envergure » de 50 millions d’euros pour mettre fin aux violences sexuelles dans le périscolaire, soit 30 millions de plus que le plan d’action du nouvel édile de la capitale.
« Les mesures proposées par la Ville de Paris sont très confuses, on ne comprend pas vers quoi sont fléchés les 20 millions d’euros. Et surtout ça n’est pas un plan d’urgence, il ne correspond pas aux besoins », a déploré Grégory Canal, qui co-préside avec Rachida Dati le premier groupe d’opposition au Conseil de Paris (Paris Liberté). « C’est un pansement sur une tumeur. Il faut un plan d’envergure à hauteur de 50 millions d’euros », a-t-il estimé lors d’une conférence de presse.
Emmanuel Grégoire, qui a fait du périscolaire la « priorité absolue » de son début de mandat, a annoncé en avril un plan d’action à 20 millions d’euros, qui promet une « tolérance zéro » en cas de suspicion, un audit « indépendant » et des mesures de déprécarisation de la filière de l’animation. Une « convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant » doit en outre remettre ses conclusions fin juin.
Le maire socialiste a fini par accepter la mise en place d’une « mission d’information et d’évaluation » (MIE), réclamée depuis deux mois par la droite, et dont la constitution devrait être décidée en Conseil de Paris la semaine prochaine. « C’est une mission transpartisane, avec une capacité d’auditionner l’ensemble des acteurs concernés, associations, acteurs institutionnels, personnels administratifs, mais aussi politiques », a détaillé Grégory Canal, rappelant qu’Emmanuel Grégoire avait été en charge des ressources humaines à l’Hôtel de Ville avant d’être premier adjoint d’Anne Hidalgo.
L’objectif est de « faire une opération mains propres sur ce qu’il s’est passé ces dix dernières années, les modalités de recrutement, les dysfonctionnements », a énuméré le conseiller de Paris, ajoutant que la MIE « n’a pas vocation à faire un procès judiciaire ». « Tout le monde sera auditionné », a précisé Inès de Raguenel, élue de Paris Liberté, qui a reçu mardi des collectifs du périscolaire et l’association de parents d’élèves Peep.
Dénonçant « l’opacité » de l’audit annoncé par Emmanuel Grégoire, la conseillère de Paris a demandé « des gages » sur la manière dont cette enquête allait être menée, et si « certains membres du cabinet de Patrick Bloche (l’ex-bras d’Anne Hidalgo en charge des affaires scolaires, NDLR) allaient y participer ».
À l’issue de la mission, d’ici la fin de l’année, la droite fera des recommandations, comme l’installation de caméras de vidéo-protection dans les écoles et le retour à la semaine de quatre jours d’école.
