Le président du Rassemblement national Jordan Bardella estime, sur BFMTV ce dimanche 14 juin, que la mort de Lyhanna "appelle à une réflexion profonde sur le rôle de la Justice".
La collégienne, âgée de 11 ans, avait disparu le 29 mai à la sortie de son établissement scolaire, avant que son corps ne soit retrouvé le 4 juin.
"C'est un drame pour des millions de Français [...] Cette affaire est un tournant dans la vie de notre pays, comme l’ont été d'innombrables drames qui mettent en lumière un État de plus en plus incapable de protéger les Français", souligne Jordan Bardella.
Le président du Rassemblement national indique, lors d'un entretien à BFMTV, que son parti, s'il est élu à la présidence de la République, va "remettre à la Justice à l'endroit".
"Il y a un sujet de moyens, il manque aujourd'hui des magistrats , des procureurs, des moyens et de la disponibilité pour que nos magistrats travaillent correctement [...] Il y a quatre fois moins de procureurs en France qu’il y en a au niveau européen", estime-t-il, précisant que le RN souhaite doubler le nombre de magistrats et créer un "parquet national spécialisé pour les victimes mineures".
Jordan Bardella affirme qu' Emmanuel Macron a "très largement failli à protéger les Français".
"Je me rappelle d’un candidat qui en 2017 avait promis la création de 15.000 places de prison supplémentaires, il y en a eu 4.000. Il nous manque aujourd’hui 40.000 places de prison pour être, ne serait-ce qu’à la moyenne européenne", indique-t-il.
Il accuse le président de la République "de léguer à son successeur un pays où il n’y a plus un seul parent qui ne craigne pas pour la sécurité de son enfant, non plus seulement dans l’espace public, mais désormais même lorsqu’il confie ses enfants à des structures qui sont censées être des sanctuaires".
Pour les auteurs de violences sexuelles, Jordan Bardella indique qu'il souhaite que les peines soient durcies. Il pense qu'il y a un "problème de doctrine" et qu'il faut "mettre en oeuvre la tolérance zéro". "Il ne doit plus y avoir d’aménagement de peine lorsqu’on touche à l’intégrité physique de quelqu'un et qu’on est condamné à une peine de plus de six mois de prison ferme".
Par ailleurs, le Rassemblement national souhaite que "la perpétuité réelle incompressible puisse s'appliquer de manière systématique pour ce type de prédateur" sexuel, comme "c'est le cas pour les terroristes". Jordan Bardella pense qu'il "y a des cas irrécupérables" et donc que ces personnes "rentrent en prison sans la possibilité d'en sortir un jour".
En revanche, Jordan Bardella n'est pas favorable à la castration chimique car "pas réaliste". "Il faut que l'auteur prenne le traitement, qu’il soit régulier et la castration chimique ça n’est pas une peine, mais c’est un soin et ce qu’il faut, c’est une peine", explique-t-il, avant d'ajouter: "La peine qui doit s'appliquer dans ces cas c’est une peine qui vise à mettre hors d’état de nuire définitivement ce type d’individus, donc à faire en sorte qu’à partir du moment où il rentre en prison, il n’en sorte plus jamais car c’est la condition pour mettre à l’abri la société."
Il n'est pas non plus pour le rétablissement de la peine de mort . "Je suis en faveur de la perpétuité réelle incompressible, mais je ne suis pas pour le rétablissement de la peine de mort", déclare-t-il.
Le président du Rassemblement national estime que le ministre de la Justice Gérald Darmanin aurait dû remettre sa démission.
"Quand on fait de la politique, on est responsable. J’ai l’intime conviction que dans cette affaire le ministre de la Justice, par honneur et pour reconnaître la faute de son administration et pour dire aux Français 'je vous ai compris', aurait dû remettre sa lettre de démission. Libre au président de l’accepter ou refuser", souligne-t-il.
