Le leader de Place Publique se donne trois mois pour tenter de s’imposer à la gauche non mélenchoniste, tandis que l’Insoumis grimpe dans les sondages
La mise sur orbite de Raphaël Glucksmann a commencé : un 20 heures (TF1), une matinale (France Inter), un livre programmatique à paraître ce jeudi Nous avons encore envie (Allary Éditions, 192 pages, 18,90 euros) et un grand meeting le 13 juin, à Aubervilliers. Cette satellisation ne constitue pas en soi soir une surprise, simplement donne-t-elle le départ des grandes manœuvres de la gauche « sociale dé...
La mise sur orbite de Raphaël Glucksmann a commencé : un 20 heures (TF1), une matinale (France Inter), un livre programmatique à paraître ce jeudi Nous avons encore envie (Allary Éditions, 192 pages, 18,90 euros) et un grand meeting le 13 juin, à Aubervilliers. Cette satellisation ne constitue pas en soi soir une surprise, simplement donne-t-elle le départ des grandes manœuvres de la gauche « sociale démocrate ». Une séquence décisive, pour celui qui reste auréolé de 14 % réalisés aux élections Européennes et crédité de 11 % à la présidentielle.
Raphaël Glucksmann se donne trois mois pour décider si oui ou non il ira au bout . Douze semaines pour sillonner le pays « et proposer un nouveau contrat patriotique et réunir ma famille politique ». Pas de primaire pour le député Européen. Lui s’en remet au darwinisme politique et tenter de s’imposer sur un champ atomisé. Un PS, pavlovien dans ses déchirements, alors même qu’il ne dispose d’aucune tête de gondole crédible pour se lancer dans la course à l’Élysée . Mais Raphaël Glucksmann, a besoin du parti, une structure solide à laquelle adosser sa candidature, Place Publique, son mouvement, relevant toujours du frêle esquif. Mais c’est aussi l’objet des convoitises de François Hollande. L’ancien président de la République, est en embuscade, traçant son sillon dans le secret espoir d’être le recours d’une gauche non mélenchoniste sans boussole.
Raphaël Glucksmann l’a martelé ce mardi sur France Inter, « Je veux me battre pour la France », esquissant des lignes programmatiques qui risquent au pire de hérisser sa famille, au mieux d’alimenter le débat sur des thématiques reléguées dans l’angle mort de la gauche : faire de la sécurité une priorité, lancer une convention citoyenne sur le très sensible sujet de l’immigration ou encore « rendre à la France sa puissance », la création d’un service civique obligatoire de dix mois…. On retrouve aussi des marqueurs de son camp : revalorisation des enseignants, création d’un « passeport pour l’émancipation » garantissant à chaque enfant de partir en séjour collectif » ou le retour des colonies de vacances. Il plaide pour un rééquilibrage de la taxation : « entre le travail, le capital, la retraite et l’héritage », défend la taxe Zucman… Le voilà parti part à la conquête de ceux que la gauche a perdus, « la France des pavillons », selon sa formule. Manière de répondre à la note de son équipe ayant fuité, l’incitant à se détourner des classes modestes.
Une course semée d’embûches s’engage pour Raphaël Glucksmann. Les premières viennent du PS où l’on parle d’un « programme tarte à la crème ». Un boulevard pour Jean-Luc Mélenchon. Tel Janus aux deux visages, il gomme les aspérités dès qu’il entre en campagne. Et cela fonctionne. La dernière enquête d’opinion Odoxa pour « Public Sénat » il gagne 4 points et atteint 16 % des intentions de vote et talonne désormais Edouard Philippe (17 %) pour la qualification au second tour.
