Gabriel Attal à Mur-de-Barrez en Aveyron le 22 mai 2026 - Photo par ED JONES / AFP
La fin d'un secret de Polichinelle. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal, aujourd'hui secrétaire général de Renaissance, a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle, ce vendredi 22 mai.
"Je me suis forgé une conviction, c'est qu'on a encore nos plus belles pages à écrire. Le meilleur est devant nous, j'en suis convaincu", a lancé le président des députés macronistes.
Son entrée dans l'arène de la présidentielle continuera d'être mise en scène le 30 mai prochain lors d'un meeting à Paris. Dans quelle atmosphère? La candidature de Gabriel Attal est loin de faire l'unanimité , y compris parmi dans le spectre élargi de la macronie.
À en croire les enquêtes d'opinion, Gabriel Attal a besoin d'élan. Il ne récolte ainsi que 11,5% d'intentions de vote au premier tour d'après un sondage Elabe pour BFMTV , très loin d'être en mesure de se qualifier pour le second tour.
"Il va monter en puissance dans sa relation avec les Français, c’est maintenant que ça se joue", voulait croire l'un de ses proches auprès de BFM mi-mai. Le désormais candidat à la présidentielle fait tout pour y parvenir. Sortie d'un livre dans lequel il évoque son parcours , ses difficultés familiales, propositions iconoclastes comme la "réécriture" du Code du travail, tournée de librairies en France... Suffisant pour renverser la vapeur?
Le contexte au sein du bloc central n'a en tout cas rien d'évident pour lui. Édouard Philippe est candidat depuis septembre 2024 et plusieurs sondages le donnent en mesure d'être élu au second tour . Le maire du Havre joue cependant la carte de la discrétion depuis des mois et refuse de rentrer pour l'instant de dévoiler précisément son programme. De quoi laisser peut-être de l'espace au président des députés Renaissance pour monter dans les sondages.
Au sein même de Renaissance, l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne a claqué la porte de la direction du parti mi-mai et lancé son propre mouvement, Bâtissons ensemble, soutenue notamment par les ex-ministres Agnès Buzyn et Éric Dupond-Moretti.
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet n'ira pas non plus au meeting de lancement de campagne. Celle qui laisse planer le doute sur sa propre candidature a déploré sur France inter le 20 mai dernier "une aventure personnelle".
Quant à Emmanuel Macron qui a fondé Renaissance en 2016, il s'est pour l'instant bien gardé de soutenir son ancien chef de gouvernement avec qui les relations sont glaciales depuis des mois.
Autre caillou dans la chaussure pour le candidat macroniste: Bruno Retailleau. Entré officiellement dans la course il y a presque trois mois, l'ancien ministre de l'Intérieur multiplie les propositions, sans toujours passer le mur du son . Bref, à droite et au centre-droite, l'espace est déjà bien occupé.
De l'autre côté, au centre-gauche, même combat. Gabriel Attal pourrait bien se retrouver mis en difficulté par le patron de Place publique Raphaël Glucksmann qui devrait lui aussi bientôt officialiser sa candidature.
