Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, le 20 avril 2026 à l'hôtel de Beauvau à Paris - Photo par KENZO TRIBOUILLARD / POOL / AFP
"Aujourd'hui, je pense que le second tour (de l'élection présidentielle), c'est M. Mélenchon contre Mme Le Pen ou M. Bardella , et je pense qu'il faut, comme on dit dans le Nord et à Tourcoing, être bouché à l'émeri pour ne pas le voir", a estimé ce mercredi 13 mai Gérald Darmanin sur France Inter.
"J'essaye, comme d'autres, d'expliquer qu'il faut un seul candidat si on ne veut pas que ce soit un duel, M. Bardella contre M. Mélenchon , je pense que ce serait absolument terrible pour la France", a-t-il abondé.
"Il y a l'usure du pouvoir", "un parti de la colère qui est extrêmement important", "beaucoup de Français qui ont énormément de difficultés et nous ne les entendons pas assez", a énuméré le ministre de la Justice, en se disant par ailleurs "inquiet" de "l'incapacité" de son camp à "avoir un discours d'unité" et à "avoir des idées". "Il y a beaucoup de candidats, et il y a peu d'idées, c'est un petit peu inquiétant", a-t-il déclaré.
La critique vise aussi bien Gabriel Attal, le patron de Renaissance , auquel Gérald Darmanin appartient, qu' Edouard Philippe , un "ami" qui, selon plusieurs de leurs proches, avait proposé au garde des Sceaux de devenir son directeur de campagne pour la prochaine présidentielle. À défaut, l'ancien Premier ministre a depuis débauché la conseillère spéciale du Nordiste, Marie Guévenoux.
"C'est bien d'avoir des amis", mais "il faut quand même avoir des convictions", les a renvoyés dos à dos Gérald Darmanin, en rappelant sa "fibre sociale". "Pour l'instant, je ne trouve (mes idées) nulle part", dit celui qui a été membre de l'ensemble des gouvernements sous Emmanuel Macron depuis 2017, à l'exception de celui de Michel Barnier.
Interrogé sur ses propres ambitions élyséennes pour 2027, Gérald Darmanin a répondu "Inch'Allah, Inch'Allah", une formule arabe signifiant "si Dieu le veut". "On verra bien, on verra bien. L'élection présidentielle est sans doute la plus importante que nous allons vivre depuis au moins 30 ou 40 ans", a-t-il ajouté.
