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Un spectre hante le débat politique français actuellement : et si le premier tour de l’élection présidentielle 2027 débouchait sur un duel Mélenchon/Le Pen ou Mélenchon/Bardella ? Auquel cas la victoire du RN serait assurée. Le pays et avec lui l’Europe basculeraient à leur tour dans le cauchemar trumpiste. Un tel scénario n’a pourtant en réalité quasiment aucune chance de se réaliser. Le fait que cette hypothèse soit malgré cela au cœur du débat public risque cependant d’entraîner une partie significative de la gauche dans l’impasse du « vote utile » pour Edouard Philippe. Un vote qui ne garantirait pas pourtant la victoire face au RN et perpétuerait, si Philippe était élu, le désastre macroniste. Edouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon ? On peut encore sortir de ce piège mortifère et dégager une candidature commune de la gauche écologique, sociale et démocratique.
Le 3 mai dernier, Jean-Luc Mélenchon a donc lancé officiellement sa quatrième campagne présidentielle. Ce n’était en rien une surprise mais, compte tenu des divisions persistantes au sein du reste de la gauche, l’événement a marqué les esprits. Les municipales ont montré que malgré (ou à cause de ?) les polémiques des derniers mois, son mouvement conservait un pouvoir d’attraction indéniable à la fois dans les jeunes générations et dans les quartiers populaires où la population d’origine immigrée domine. Tous les sondages lui donnent un socle électoral solide de l’ordre de 10 % des voix.
Orateur hors pair et candidat expérimenté, Jean-Luc Mélenchon avait créé la surprise lors des deux dernières échéances en mobilisant autour lui le « vote utile » à gauche pour tutoyer les 20 % des voix au premier tour en 2017 puis pour les dépasser en 2022. Ne pourrait-il donc pas non seulement rééditer l’exploit mais atteindre cette fois le second tour ? La réponse est non. En 2017 comme en 2022, la capacité de Jean-Luc Mélenchon à mobiliser le vote utile à gauche reposait avant tout sur l’espoir qu’il élimine Marine Le Pen du second tour. Cette fois-ci chacun sait que ce ne peut pas être l’enjeu : si Jean-Luc Mélenchon atteignait le second tour, ce serait pour se retrouver face au candidat ou à la candidate du RN. Auquel cas, il serait battu à plate couture compte tenu de l’aversion qu’il suscite désormais au sein de l’électorat de droite et du centre, susceptible de s’engager dans un front républicain face au RN.
Billet Jean-Luc Mélenchon, un candidat de l’ancienne France
