Les affaires judiciaires sont un grand classique des campagnes présidentielles. Pas besoin de remonter très loin tant on se souvient, par exemple, que la candidature de François Fillon fut plombée en 2017 par sa mise en examen pour détournement de fonds publics. Il s’était alors livré à une violente charge contre le Parquet national financier (PNF), criant au « complot » et l’accusant de mener un « coup d’État institutionnel » .
À l’approche d’une nouvelle élection présidentielle, l’institution créée en 2013 dans le sillage de l’ affaire Cahuzac se prépare à être de nouveau prise pour cible. Invité de BFMTV ce mardi 26 mai, le procureur du PNF Pascal Prache a expliqué s’attendre à « des tentatives d’instrumentalisation de l’autorité judiciaire » , eu égard à « la période préélectorale ». « Nous devons être très attentifs » , a-t-il indiqué.
Conscient que l’institution n’a pas bonne presse auprès de certains responsables politiques, il a répété que tous les élus n’étaient « pas susceptibles d’être inquiétés » par ses services. Manière aussi d’éviter le procès en « Tous pourris » qui fleurit parfois chez les Français face à la multiplication des affaires politico-financières. « Ce n’est pas parce que nous ouvrons une enquête qu’il y aura des poursuites » , a-t-il également précisé.
Pascal Prache, nommé à la tête du Parquet national financier en octobre 2025, est lucide sur « la ligne de crête » sur laquelle avance l’institution qu’il dirige, déterminante dans la lutte contre la fraude financière. « Si le PNF ne se mobilise pas pour traiter telle ou telle affaire, une partie de nos concitoyens considère qu’il ne joue pas son rôle. Et si le PNF agit, on viendra dire qu’il percute le calendrier électoral. Il faut redire que nous sommes là pour appliquer la loi » , a-t-il exprimé. Le magistrat le concède : il faut, dans la mesure du possible, « faire en sorte que le calendrier judiciaire impacte le moins possible le calendrier électoral » .
La campagne présidentielle 2027 s’ouvre autour de plusieurs affaires, dont celle concernant Dominique de Villepin . L’ancien ministre des Affaires étrangères est visé par une enquête préliminaire pour deux statuettes qu’il a reçues lors de son passage au Quai d’Orsay, qu’il a ensuite conservées. Le principal intéressé, qui n’a pas encore officialisé sa candidature, a reconnu « une erreur » (« Je n’aurais pas dû les accepter »), et assure se tenir « à la disposition » du PNF. « L’enquête a vocation à procéder à un certain nombre de vérifications » afin de « lever le poison du doute ou au contraire considérer qu’il y a matière à poursuite » , a simplement commenté Pascal Prache sur BFMTV.
Quant à Édouard Philippe , lui aussi visé par une enquête du PNF (pour des soupçons de détournement de fonds publics, de harcèlement moral ou encore de prise illégale d’intérêt), le patron de l’institution promet d’être « très attentif à ce que les investigations aillent aussi vite que possible » . Le maire du Havre est lancé tête baissée dans la conquête de l’Élysée, avec l’enjeu de distancer Gabriel Attal, sur le même espace politique que lui.
