Une nouvelle motion soumise au vote des militants Écologistes suscite de vives tensions internes, ses détracteurs y voyant une manœuvre pour écarter Yannick Jadot et Sandrine Rousseau
Les militants Écologistes sont invités à voter de vendredi à dimanche sur une motion visant à exclure tout adhérent se présentant contre un candidat investi par le parti, ou soutenant un autre candidat que celui du parti. Les opposants à la secrétaire nationale Marine Tondelier accusent cette mesure d’être une tentative d'« épuration » visant notamment Yannick Jadot. Cette disposition est « faite pour exclure Yannick Jadot et Sandrine Rousseau », ont dénoncé plusieurs opposants à la direction des Verts.
À un an de la présidentielle, alors que Marine Tondelier est candidate via une primaire de la gauche, l’ancien candidat à l’Élysée Yannick Jadot refuse ce processus et ne cache pas sa proximité avec le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, potentiel candidat pour 2027. Attendu samedi au meeting de ce dernier, Yannick Jadot a été interpellé vendredi par un message interne de François Thiollet, secrétaire national adjoint, l’alertant sur « le problème que pose cette participation ». Selon ce message, une telle présence ouvrirait « la porte en grand à toutes les dissidences » et invite l’intéressé à « prendre ses responsabilités » vis-à-vis du parti.
Contacté, le sénateur de Paris a confirmé qu’il se rendrait au meeting. « Les purges de ceux qui veulent sauver l’écologie politique ne seront jamais une réponse aux échecs des européennes et des municipales et à l’impasse politique et stratégique dans laquelle s’est fourvoyée la direction des Écologistes. Je suis et reste Écologiste », a indiqué par écrit Yannick Jadot. De son côté, la députée Sandrine Rousseau plaide pour soutenir le candidat de gauche qui sera le mieux placé, y compris si c’est le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.
L’entourage de Marine Tondelier justifie cette motion par la demande de plusieurs groupes locaux après les élections municipales, où « les dissidences n’ont été que légèrement condamnées par le Conseil disciplinaire » et ont posé problème. « On souhaite en revanche que les décisions prises démocratiquement par le mouvement soient respectées. Un parti n’est pas une caserne, mais pas un self-service non plus », a précisé la même source, réfutant toute volonté d’exclusion ciblée. Le texte de la motion évoque une « exclusion définitive », ce qui signifie, selon le règlement du parti, que la personne exclue ne pourrait demander à réadhérer qu’au bout de trois ans, après validation au niveau national.
« À défaut de rassembler autour de l’écologie, Marine Tondelier fait le choix d’épurer chez les Écologistes », déplore un élu. « L’autoritarisme de Tondelier n’a jamais eu d’égal dans le parti », dénonce un autre, qui voit dans cette motion « un dévoiement complet de l’écologie, de son histoire, de son idéologie ».
Les opposants à la direction ont par ailleurs déposé une demande de Conseil fédéral extraordinaire pour débattre de la stratégie du parti pour la présidentielle, souhaitant que tous les scénarios soient évoqués, y compris une non-candidature écologiste. Ils contestent également l’annonce faite mardi par le bureau politique du parti d’une consultation des militants pour la première semaine de juillet. Outre le fait que, selon eux, le bureau politique n’est pas habilité à lancer un tel vote, ils déplorent les termes de cette consultation « qui validerait sans alternative ni débat la candidature autonome de Marine Tondelier en cas d’échec de la primaire de la gauche ».
