Et si la dernière trouvaille d’Olivier Faure tombait, une fois de plus, à l’eau ? Conscient de l’urgence à acter un mode de départage du candidat de gauche à l’élection présidentielle, alors que son parti ne cesse d’étaler ses divisions à ce sujet, le Premier secrétaire du PS a proposé d’organiser une double primaire. D’abord entre candidats du pôle social-démocrate ; puis avec l’ensemble de ceux qui se reconnaissent dans la gauche hors La France insoumise.
Une manière, pense-t-il, de sortir par le haut de la crise dans laquelle son camp est englué depuis plusieurs semaines. Problème : cette idée est loin de faire l’unanimité. Ce jeudi 4 juin, Raphaël Glucksmann s’est dit opposé à cette double primaire.
« Je n’ai toujours pas compris de quoi il s’agit, a-t-il balayé sur franceinfo, comme vous pouvez l’entendre ci-dessous. J’étais opposé à la primaire parce que je pense que c’est une machine à perdre. Désormais, au lieu d’une, on nous en propose deux » . Le député européen, qui tiendra son premier meeting de campagne le 13 juin aux portes de Paris, « ne voit pas en quoi cette deuxième primaire serait une machine à gagner » . Son entourage attaque, auprès de l’AFP, « un mécanisme qui nous enferme dans un entre-soi de la gauche » .
Il s’accroche à l’idée d’une investiture par le Parti socialiste, qui lui amènerait l’argent, le matériel et les forces militantes. Mais sans passer par la case primaire, donc. « Nous allons discuter pour voir comment on peut se rassembler dans un processus rapide. Pendant ce temps-là, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon sont en campagne et parlent aux Français » , a déclaré le patron de Place Publique. Ces discussions doivent se faire « en dehors des médias » et « de manière décente » , selon lui.
Raphaël Glucksmann a déjà commencé son opération séduction vis-à-vis des troupes d’Olivier Faure, assurant : « Je sais ce que je dois aux militants socialistes. Nous avons fait la campagne des européennes ensemble. Si j’ai pu faire 14 %, c’est grâce à eux. » Manière de les cajoler pour faciliter le rassemblement... derrière lui.
Car si officiellement, l’ancien essayiste n’est pas encore candidat, il prépare le terrain à une annonce après l’été. Il s’est laissé trois mois pour « créer les conditions » d’une candidature. Dans les sondages, Raphaël Glucksmann a une longueur d’avance sur ses concurrents au sein de l’espace social-démocrate, mais il est donné derrière Jean-Luc Mélenchon, en tête de la gauche au premier tour.
S’il tient vraiment à son idée de double primaire, Olivier Faure va devoir commencer par convaincre ses propres amis. François Hollande a déjà estimé qu’elle avait « peu de chance d’aboutir ». « Tous ceux qui sont hostiles à la primaire de la gauche ne peuvent pas accepter une double primaire » , a exprimé l’ancien chef de l’État, qui a des fourmis dans les jambes, selon l’AFP. « Ce chemin ne me convainc pas » , a aussi déclaré Boris Vallaud, le président du groupe PS à l’Assemblée, sur ICI Drôme Ardèche . Quant au député Philippe Brun, il a carrément ironisé : « Je trouve que ce n’est pas assez deux primaires. Je propose un autre système : poules, huitièmes, quarts, demi, finale » . Bref, le chemin sera long.
