L’ex-premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, Gabriel Attal, donnait ce samedi son premier meeting de campagne à Paris. Un rendez-vous plus chargé en symboles et en déni qu’en idées novatrices.
Pour certains, la politique c’est changer la vie, pour d’autres c’est raconter des histoires. Représentant du second camp, Gabriel Attal, donnait ce samedi à Paris, Porte de Versailles, son premier meeting de campagne. Plus que d’idées fortes, il s’agissait d’enfiler les symboles comme des perles sur un collier présidentiel. C’est le procédé que le secrétaire général de Renaissance a choisi depuis sa déclaration de candidature, il y a plus d’une semaine, dans le village aveyronnais de Mur-de-Barrez. En plus de militants venus de la France entière par des bus spécialement affrétés, images d’Épinal et figures du quotidien étaient convoquées pour mieux dépeindre l’ancien premier ministre en homme « à l’écoute », « honnête », « empathique » et « dynamique » . Seul à même de « représenter l’avenir » , sérieusement barré par la « tenaille RN-LFI » .
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Derrière ces mots, pas de poids lourds de la Macronie, en dehors de 80 députés Renaissance (sommés de rappliquer sous peine de perdre leur circonscription en 2027) et de quelques fidèles (Valérie Hayer, eurodéputée, ou Antoine Armand, maire d’Annecy), venus saluer le « candidat du oui » et du « dépassement » qui « innove et protège », mais des anonymes : un boulanger des Deux-Sèvres, une ambassadrice du SNU, un habitant du Pas-de-Calais, sinistré des intempéries, et un proviseur de lycée satisfait d’avoir « arraché un voile islamique » . Sans oublier de jeunes entrepreneurs, représentant de la France LinkedIn, venus avec leurs chemises trop repassées lancer des appels vibrants à la liberté d’entreprendre « pour qu’en 2027 tous les jeunes montent leur boîte » . Un vœu forcément accompagné d’un autre : « réduire les taxes ». Des contributions pointées comme responsables de la baisse du niveau de vie des jeunes.
Une fois à la tribune, le candidat complète le tableau. En plus d’être le représentant du « terrain » , celui qui assure préférer « partir des Français » plutôt que des « bureaux parisiens », se veut l’homme de « l’optimisme » , de « l’espoir » et de « l’action » . D’où son slogan tout juste dévoilé, « La force d’agir » , et sa nouvelle maxime : « Ne jamais s’économiser, briser l’armure et parfois monter sur la table » . Une référence aux propos de son rival, Edouard Philippe, autre ancien chef du gouvernement, qui préfère se distinguer par son « sérieux » , dit-il, plutôt que par son hyperactivité. « J’écoute, je tranche, j’agis ! » , poursuit Gabriel Attal. Lors de son discours, un mot revient. « Rêver » . Rêver pour tendre vers « l’élévation individuelle et collective » , renouer avec un « travail qui paie plus que l’inactivité », « maîtriser ses frontières », retrouver la « puissance » , qu’elle soit militaire ou simplement celle de « faire respecter les lois », et décentraliser. Et rêver pour mener à son terme ce qu’il décrit comme ses quatre chantiers prioritaires : « école, salaires, frontières, IA » . Autant d’objectifs barrés, d’après lui, par les « candidats du déclin de droite et de gauche » . Eux qu’il décrit comme des « conservateurs » porteurs de ces fameux « vieux clivages politiques » qui auraient « créé le marasme dans lequel on se trouve depuis 2024 » . Il nous semblait pourtant que c’était Emmanuel Macron qui avait dissous l’Assemblée nationale au lendemain des élections européennes. Peut-être avons-nous rêvé.
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